Lessignes d'amour chez un homme et une femme. On a passé une folle nuit d’amour; Ça a commencé par un regard appuyé, une invitation au minigolf,
Donc La princesse de Clèves portrait de Mlle de Chartres. Tout d’abord, La Princesse de Clèves est un roman publié anonymement par Mme de La Fayette en 1678. En effet, elle y reprend et développe les grands thèmes esquissés en 1662 dans La Princesse de Montpensier. Ainsi, après un tableau de la cour des Valois, la romancière se livre au portrait de la jeune fille âgée de 16 ans a reçu une éducation prodiguée par sa mère, Mme de Chartres. D’ailleurs, la description de l’héroïne est sublimée. Résumé complet de La Princesse de Clèves ICI Problématique en quoi ce portrait de Mlle de Chartres est-il révélateur de la préciosité? Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l’on doit croire que c’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l’avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l’éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté, elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’amour ; elle lui montrait ce qu’il a d’agréable, pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité ; les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d’un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d’une honnête femme, et combien la vertu donnait d’éclat et d’élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance ; mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s’attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimée. Cette héritière était alors un des grands partis qu’il y eût en France ; et, quoiqu’elle fût dans une extrême jeunesse, l’on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille. La voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu’elle arriva, le vidame alla au-devant d’elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison la blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l’on n’a jamais vu qu’à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes. IPortrait de Mlle de Chartres une beauté précieuse A/ Un portrait physique idéal D’abord, il s’agit d’un portrait progressif qui dévoile progressivement l’identité de l’héroïne beauté à la cour ». Puis elle était de la même maison que le vidame de Chartres ». Ensuite sa mère est désignée par Mme de Chartres ». Puis cette héritière ». Finalement mademoiselle de Chartres ». Ensuite, l’usage de l’imparfait lui donnaient » et Champ lexical du corps teint, cheveux, traits, visage » et adjectifs qualificatifs blonds ». De plus, le portrait en médaillon d’une aristocrate. Ainsi, la blancheur du teint et la blondeur. Puis, la répétition de la beauté / dérivation beauté » et belles ». Enfin l’idéalisation beauté parfaite » adjectif mélioratif B/ La famille de Chartres un idéal moral D’abord, le superlatif pour évoquer sa naissance une des plus grandes héritières de France ». La jeune fille appartient à une famille éminente. Puis la brièveté de la phrase, allusive S/V/C son père était mort jeune » contrairement aux autres jeunes filles de son époque, Mlle de Chartres est éduquée par une femme, par sa l’énumération ou accumulation pour désigner qualités morales précieuses de Mme de Chartres, sa mère le bien, la vertu et le mérite ». Donc la jeune fille est élevée selon un idéal moral de la préciosité. Enfin les qualités morales de sa mère sont renforcées par son retrait lors du deuil elle avait passé plusieurs années… ». Effectivement ce résumé permet d’accélérer le récit et qui montre que Mme de Chartres fait figure d’épouse modèle en se tenant loin des divertissements de cour. II Une éducation précieuse A/ Une éducation galante En premier lieu, vocabulaire de l’éducation éducation, cultiver » par opposition au reste des femmes de l’époque qui bien souvent sont maintenues dans un état de minorité par rapport au père puis au mari. De plus, la généralisation pluriel et antithèse. Ainsi Mme de Chartres est en opposition avec les mères de son époque la plupart … opposée ».En outre, le discours rapporté indirect de Mme de Chartres. Effectivement, l’ idéal de l’honnête femme c’est-à -dire celle qui est conduite par la recherche du bien et de l’équilibre Au contraire, les passions mènent à la dernier lieu, la recherche d’un amour correspondant à l’amour précieux décrit dans la Carte du Tendre chiasme d’aimer son mari et d’en être aimée ». B/ Le danger des passions D’abord, l’allitération en [p] pour montrer le paradoxe de la passion aspect séduisant mais renferme des dangers cf la double étymologie elle lui montrait …dangereux ». Dès lors, la mère inculque la méfiance concernant la passion. Ensuite, la gradation apparaît comme une mise en garde face à l’attitude des hommes peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité » danger de la passion. Puis, la négation mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté, elle songea aussi à lui donner de la vertu ». Ainsi, l’ idéal vertueux du XVIIème siècle un idéal opposé à la démesure des passions Pour terminer, la répétition du mot vertu » idéal moral au sein du foyer. Finalement, ce portrait de l’héroïne, Mlle de Chartres, révèle les valeurs féministes inculquées par sa mère. En outre, il témoigne de la pensée en vigueur pendant la préciosité. Ainsi, cette jeune femme a été élevée en apprenant l’existence de la passion mais sa mère l’a mise en garde sur les dangers qu’elle renferme, selon toute la pensée du siècle classique concernant cette question. Donc, le texte n’est pas sans renfermer une forme de paradoxe sur le traitement des passions. question centrale dans l’oeuvre Ainsi d’achève cet article La princesse de Clèves portrait de Mlle de Chartres », n’hésite pas à poster un commentaire sous cet article si tu as des questions ou si tu as aimé le contenu. Enfin merci de nous avoir lus. Par ailleurs, les articles suivants sont complémentaires de celui ci-dessus –Résumé complet de la Princesse de Clèves –Aveu de la princesse de Clèves à son mari scène de Coulommiers –Scène du pavillon/ canne des Indes –Scène de bal dans La princesse de Clèves Courte biographie de Mme de La Fayette Princesse de Clèves et Sarkozy –Personnage de Mlle de Mézières dans La princesse de Montpensier –Les lettres dans La princesse de Montpensier –La scène de la barque dans La princesse de Montpensier –La princesse de Montpensier et l’histoire
Ladernière fonctionnalité de Codycross est que vous pouvez réellement synchroniser votre jeu et y jouer à partir d'un autre appareil. Connectez-vous simplement avec Facebook et suivez les instructions qui vous sont données par les développeurs. Cette page contient des réponses à un puzzle Conter __, faire la cour à une femme.
Le droit français et le métier d’avocat peuvent parfois être complexes. En effet, le droit est divisé en différentes branches et l’avocat peut être spécialisé pour traiter efficacement chaque dossier relatif à chaque branche. L’on retrouve entre autres un avocat fiscaliste, un avocat en droit immobilier, un avocat pénaliste ou un avocat en droit international. Qu’est-ce qu’un avocat à la cour ? L’avocat de justice est un homme de loi chargé de conseiller et/ou de défendre un client devant la justice. Il existe des professionnels opérant dans un cabinet ou des avocats en ligne qui perçoivent des honoraires d’avocat relatifs aux services rendus. La profession d’avocat est encadrée par la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques. La différence entre un avocat et un juriste Selon la loi régissant la profession d’avocat, le juriste est un professionnel juridique qui exerce ses fonctions au sein d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises. Il est lié par un contrat de travail. Cet auxiliaire juridique se charge de la rédaction des actes sous seing privé indispensables au cours de la vie de l’entreprise. Il peut également être sollicité pour prodiguer des conseils d’ordre juridique relatifs aux activités de la société. Contrairement au juriste, l’avocat exerce généralement sa profession à titre individuel, en qualité de salarié d’une entreprise, en tant que collaborateur dans un cabinet d’avocats ou au sein d’une association. En plus de conseiller ses clients, cet homme de loi se charge également de le défendre et de plaider en sa faveur devant la justice. L’avocat peut être mandaté pour rédiger des contrats, des actes ou des statuts sous seing privé et pour les contresigner en guise de certification. La différence entre un avocat à la cour et un avocat inscrit au barreau La profession d’avocat est un secteur assez règlementé et assez subtil. D’ailleurs, le droit est un domaine divisé en différentes branches dans lesquelles l’avocat peut choisir la spécialisation qui lui convient. De plus, la situation géographique de l’avocat peut constituer une distinction. À l’issue de sa formation en droit, l’apprenti- avocat doit faire partie de l’ordre des avocats et s’inscrire à un barreau avant d’exercer sa profession. Est considéré comme avocat à la Cour, tous les avocats inscris dans un barreau disposant d’une Cour d’appel. En France, l’on recense 30 juridictions collégiales également appelées Cours d’appel. L’on retrouve entre autres la Cour d’appel de Dijon, de Bordeaux, de Paris, de Nîmes ou celle de Rennes. Si le barreau où l’avocat est inscrit ne dispose pas d’une Cour d’appel, l’auxiliaire de justice est appelé avocat au Barreau. C’est le cas des avocats inscrits au barreau de Marseille, de Bourg-en-Bresse ou de Lille. Par conséquent, ces titres sont uniquement attribués pour des raisons géographiques et non en fonction d’un diplôme ou d’une spécialisation. Définition d’un avoué de justice Un avoué de justice est un officier ministériel désigné par arrêté émanant du garde des Sceaux. Cet auxiliaire de justice ne peut exercer que dans une Cour d’appel. Sa mission consiste à conseiller et à représenter un client en matière commerciale ou civile. L’avoué de justice est expert en termes de procédure d’appel. Avant de commencer la démarche, il évalue les chances de réussite du dossier. Ensuite, son rôle consiste à mettre en œuvre le dossier et à mener l’instruction. Il ne peut pas plaider en faveur de son client, mais sa signature sur les différents actes est indispensable au déroulement de l’appel. Définition d’un avocat bâtonnier Tous les membres d’un Barreau doivent élire un représentant l’avocat bâtonnier. Ce porte-parole du Barreau est élu pour deux ans pour assurer la présidence du Conseil de l’ordre. Cet homme de loi dispose d’un pouvoir disciplinaire permettant d’instaurer les règles et la tenue en termes de discipline et de déontologie professionnelle au sein du Barreau. Il se charge également d’étudier et de résoudre les conflits opposant les avocats de son Barreau. L’avocat bâtonnier est le seul habilité à recevoir et à traiter les réclamations des clients notamment en ce qui concerne les honoraires d’avocat. Il se charge également de désigner les avocats commis d’office, particulièrement ceux dont les présumés bénéficient de l’aide juridictionnelle. Ce président du Conseil de l’Ordre règle les éventuels litiges ayant lieu entre un avocat et son client et réunit les avocats de son Barreau pour une assemblée générale ou un Conseil de discipline. La différence avec un avocat à la Cour d’appel Comme énoncé plus haut, l’avocat à la Cour est un avocat exerçant dans un Barreau avec une Cour d’appel. Cet auxiliaire est différent d’un avocat à la Cour de cassation. Qu’est-ce qu’une Cour d’appel ? La Cour d’appel est une juridiction de droit commun du second degré composée de magistrats professionnels qui sont également appelés conseillers. Elle est dirigée par un Premier Président et dispose d’un parquet. Cette juridiction se charge d’examiner un dossier déjà jugé par un tribunal d’instance, un tribunal de grande instance, un tribunal de commerce, un conseil de prud’hommes ou un tribunal paritaire des baux ruraux. Lorsqu’un jugement a été rendu par la juridiction chargée de l’affaire et qu’une des parties n’est pas satisfaite, elle peut faire appel à la Cour d’appel pour rendre un arrêt permettant de confirmer ou d’annuler le jugement déjà rendu. La Cour d’appel est répartie en plusieurs chambres spécialisées, dont la chambre civile, la chambre commerciale ou la chambre pénale, qui sont dirigées par un Président de chambre. Le traitement du dossier dépend de la chambre compétente. Pour confirmer ou annuler un jugement de première instance, les formations collégiales d’appel comprennent trois magistrats en formation normale et cinq magistrats dans la formation solennelle. Qu’est-ce qu’un avocat à la Cour de cassation ? Si l’une des parties d’une affaire menée devant la justice n’est pas satisfaite d’un jugement rendu en première instance, elle peut faire appel en recourant à la Cour d’appel. Si le jugement annoncé par cette instance du second degré n’est pas encore satisfaisant, elle peut recourir à la juridiction la plus élevée de l’ordre judiciaire français qui est la Cour de cassation. Comme son nom l’indique, l’avocat à la Cour de cassation est un auxiliaire de justice exerçant à la Cour de cassation. Il est également appelé avocat aux Conseils ou avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation. Ce professionnel jouit du monopole devant la Cour de cassation pour représenter et défendre un justiciable. L’avocat à la Cour de cassation défend non seulement les justiciables, mais également l’application des règles du droit durant le traitement d’une affaire. De ce fait, son intervention n’est possible que si les règles du droit sont en jeu. Cet auxiliaire de justice peut être saisi par l’avocat de première et seconde instance ou directement par le justiciable. Pour trouver un avocat à la Cour spécialisé dans la procédure d’appel, il est recommandé de se rendre auprès de l’Ordre des avocats ou au secrétariat du TGI du lieu de résidence du justiciable. Certains Barreaux comme celui de Paris disposent également d’un site internet répertoriant la liste des avocats du Barreau avec leurs coordonnées. En savoir plus sur le métier d’avocat Avocat en ligne Comment ça marche ? Combien coûte un avocat ? Avocat en cour de cassation Avocat gratuit Est-ce possible ? Divorce sans avocat Est-ce possible ? Convention d’honoraires d’avocat Guide complet Honoraire d’avocat Guide complet Faire appel à un avocat après un accident de la route Avocat commis d’office comment ça marche Notre top des blogs avocats Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris Dernière mise à jour le 22/03/2022
Cinqfemmes nous racontent leurs histoires d'amour aussi brèves que passionnées. Quand l'amour est si puissant qu'il vous marque à vie. Non, l'intensité n'est pas un gage de durée. Pour
Bonjour, Comme vous avez choisi notre site Web pour trouver la réponse à cette étape du jeu, vous ne serez pas déçu. En effet, nous avons préparé les solutions de CodyCross Conter __, faire la cour à une femme. Ce jeu est développé par Fanatee Games, contient plein de niveaux. C’est la tant attendue version Française du jeu. On doit trouver des mots et les placer sur la grille des mots croisés, les mots sont à trouver à partir de leurs définitions. Le jeu contient plusieurs niveaux difficiles qui nécessitent une bonne connaissance générale des thèmes politique, littérature, mathématiques, sciences, histoire et diverses autres catégories de culture générale. Nous avons trouvé les réponses à ce niveau et les partageons avec vous afin que vous puissiez continuer votre progression dans le jeu sans difficulté. Si vous cherchez des réponses, alors vous êtes dans le bon sujet. Le jeu est divisé en plusieurs mondes, groupes de puzzles et des grilles, la solution est proposée dans l’ordre d’apparition des puzzles. Vous pouvez également consulter les niveaux restants en visitant le sujet suivant Solution Codycross FLEURETTE Nous pouvons maintenant procéder avec les solutions du sujet suivant Solution Codycross Saisons Groupe 73 Grille 3. Si vous avez une remarque alors n’hésitez pas à laisser un commentaire. Si vous souhaiter retrouver le groupe de grilles que vous êtes entrain de résoudre alors vous pouvez cliquer sur le sujet mentionné plus haut pour retrouver la liste complète des définitions à trouver. Merci Kassidi Amateur des jeux d'escape, d'énigmes et de quizz. J'ai créé ce site pour y mettre les solutions des jeux que j'ai essayés. This div height required for enabling the sticky sidebar
Lesuperbe livre “le tour du monde des contes” des éditions Syros propose 4 contes et ses versions détournées selon d’autres cultures du monde. Les élèves compareront les 2 versions, découvriront des nouveaux pays, de nouvelles cultures et langues. Toutes nos découvertes seront centralisées dans notre petit carnet de voyage.
Fiche rédigée par le Pr Olivier Benveniste, Département de Médecine Interne et Immunologie Clinique, Centre de Référence des Pathologies NeuroMusculaires Paris Est, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris avril 2014 Les myosites Qu’est-ce que les myosites ? A ce jour, on distingue plusieurs maladies au sein des myosites polymyosites, dermatomyosites, myopathies nécrosantes et myosites à inclusions. Elles sont définies par des symptômes, des auto-anticorps et des aspects microscopiques biopsie musculaire qui leurs sont propres. Les myosites ont en commun, par définition, de provoquer des symptômes musculaires. Les patients atteints de myosites peuvent souffrir de douleurs musculaires, de fatigabilité musculaire à l’effort voire d’une diminution de la force musculaire. La gêne musculaire s’installe le plus souvent progressivement en quelques semaines ou mois, même si le début peut être plus lent, en particulier au cours de la myosite à inclusions. La sévérité des symptômes, pour une même maladie, est variable d’un individu à un autre. Certains patients ne souffrent de presqu’aucune gêne, alors que d’autres auront des difficultés pour marcher voire ne pourront plus marcher du tout. L’atteinte des muscles est le plus souvent à la racine des membres, bilatérale et symétrique. Elle se traduit le plus souvent par des difficultés pour porter les charges lourdes au niveau des bras, ou au niveau des jambes, par des difficultés pour monter les escaliers, s’accroupir ou faire des marches prolongées. En revanche, la force des mains ou des poignets est le plus souvent préservées hormis au cours de la myosite à inclusions. Les muscles axiaux du cou ou du dos peuvent aussi être affaiblis par la myosite provoquant alors des difficultés pour passer de la position couchée à la position assise. Enfin, la déglutition peut être rendue difficile par une atteinte des muscles de la gorge. Ce type d’atteinte est un signe de gravité qui doit amener à consulter en urgence en raison du risque de fausse route. Combien de personnes en sont atteintes et qui peut être atteint ? Il s’agit d’un groupe de maladies auto-immunes systémiques, rares dont l’incidence estimée est de 5 à 10 cas par million et la prévalence de 50 à 100 cas par million. Ces différentes maladies touchent les femmes ou les hommes de 7 à 77 ans. A quoi est-elle due ? Il existe plusieurs types de myosites, mais ce sont toutes des maladies auto-immunes qui partagent, à ce titre, des mécanismes communs. Comme toutes les maladies auto-immunes, les myosites sont la conséquence d’une attaque du système de défense de l’organisme système immunitaire contre lui-même ici les muscles. Le système immunitaire peut être comparé à une véritable armée ayant pour mission de défendre son territoire l'organisme contre un agresseur un agent infectieux comme par exemple les virus ou les bactéries. Au cours des myosites, une partie des soldats globules blancs, constituant le système de défense, se met soudainement à attaquer les muscles, qui sont considérés à tort comme un agent infectieux et doivent à ce titre être éliminés. La raison d’un tel dérèglement reste à ce jour inconnu, pour les myosites comme pour les autres maladies auto-immunes. Si les mécanismes impliqués dans l’agression musculaire sont de mieux en mieux compris, l’élément déclenchant n’est à ce jour pas identifié. Il faut souligner ici que les myosites ne sont ni héréditaires, ni contagieuses. Outre ces dérèglements du système immunitaire, un vieillissement prématuré du muscle peut être observé, mais uniquement dans le cas de la myosite à inclusions. Est-elle contagieuse ? Les myosites comme les autres maladies auto-immunes ne sont absolument pas contagieuses. Mes enfants peuvent-ils l’avoir ? Les myosites sont des myopathies mais absolument pas héréditaire ou génétique comme celles que l’on voit au téléthon. Vos enfants n’ont donc aucun risque de l’avoir. Quelles sont les manifestations cliniques ? A côté, de ces symptômes musculaires, les myosites peuvent être accompagnées par des signes extra-musculaires. C’est en particulier ces autres symptômes qui peuvent orienter le médecin vers un diagnostic plutôt qu’un autre. Au cours des myosites, certains patients peuvent présenter des signes respiratoires. Il peut s’agir d’une toux, ou d’un essoufflement inhabituel. Ces symptômes peuvent témoigner d’une faiblesse des muscles respiratoires, ou d’une atteinte du poumon en lui-même. Ce type d’atteinte doit aussi amener à consulter rapidement pour débuter ou modifier le traitement. Dans certains types de myosites dermatomyosite on peut observer une éruption cutanée parfois caractéristique qui régressera avec le traitement. Certains patients peuvent aussi souffrir de douleurs articulaires parfois intenses, c’est en particulier le cas au cours de certaines polymyosites. Enfin, certaines myosites sont associées à d’autres maladies auto-immunes dérèglement du système immunitaire et dans ce cas alors on observe les symptômes propres à cette autre maladie par exemple lupus, sclérodermie ou syndrome de Gougerot-Sjögren. Quelle est son évolution ? Il faut distinguer ici l'évolution de la myosite à inclusions, de celles des autres myosites polymyosites, dermatomyosites et myopathies nécrosantes. Les traitements immunosuppresseurs n'ont aucun effet sur la myosite à inclusions, voire aggraveraient cette maladie et ne sont donc pas conseillés. Il n'y a pas à ce jour de traitement spécifique et recommandé pour la myosite à inclusions, néanmoins de nouveaux médicaments sont en cours d’étude. Cependant, la myosite à inclusions est très lentement évolutive sur des années et ne compromet pas le pronostic vital. Cette maladie peut même par moment présenter des phases d'amélioration, notamment si l'activité physique est soutenue kinésithérapie, auto-programme d'exercice à la maison, marche.... Pour les autres myosites polymyosites, dermatomyosites et myopathies nécrosantes, sans traitement immunosuppresseur, il ne peut pas y avoir d’amélioration spontanément favorable. Un traitement est donc nécessaire pour permettre la régression des signes. Le traitement fait disparaître les symptômes, mais pas la maladie en elle-même. Il doit donc être prolongé jusqu’à ce que la maladie s’arrête d’elle-même, le plus souvent dans les 2 - 3 ans suivant son instauration. Il peut arriver que les symptômes musculaires réapparaissent après l’arrêt du traitement voire pendant sa décroissance. On parle alors de rechute de la maladie. Cet évènement survient chez une minorité de patients et justifie l’intensification du traitement ou sa reprise. La rechute doit être diagnostiquée précocement pour permettre de l’enrayer rapidement. Ces risques de rechutes ainsi que la surveillance de la bonne tolérance du traitement justifient un suivi hospitalier régulier par un médecin spécialiste. Cette surveillance est mensuelle au début de la maladie puis plus espacée. Elle repose sur l’examen clinique mais aussi sur des prélèvements sanguins réguliers. Lorsque la maladie a pu être contrôlée et que le traitement a pu être diminué au plus bas sans nouveau signe, le traitement est alors définitivement arrêté sans une aucune récidive de la maladie chez la plupart des patients. Le diagnostic Comment fait-on le diagnostic ? La première étape devant une suspicion de myosite est de confirmer l’atteinte musculaire. Pour affirmer l’existence d’une maladie musculaire, votre médecin, après vous avoir fait décrire vos symptômes, vous examinera. Au cours de cet examen, il réalisera dans le cabinet de consultation un test de votre force musculaire. Il vous demandera de maintenir aussi longtemps que possible certaines positions et testera votre force, muscle par muscle. Cet examen clinique sera complété par la réalisation d'examens complémentaires permettant d’affirmer une maladie musculaire. Il vous demandera de faire pratiquer une prise de sang où un dosage des enzymes musculaires Créatine Kinase CK, anciennement CPK sera réalisé. Le laboratoire analysera le taux sanguin de ces enzymes musculaires qui, s’ils sont anormalement élevés, peuvent témoigner d’une atteinte musculaire. Un examen morphologique radiologique des muscles pourra vous être demandé pour rechercher des signes radiologiques de maladie musculaire. Il s'agira le plus souvent d'une imagerie par résonance magnétique IRM. Il vous sera aussi demandé de réaliser un électromyogramme. Cet enregistrement électrique des nerfs et des muscles peut en effet montrer des anomalies confirmant la présence d’une maladie musculaire. C’est l’ensemble des données des symptômes, des CK et de l’EMG voire de l’IRM qui permettra de retenir le diagnostic de l’atteinte musculaire. Si ces éléments permettent d’affirmer une maladie musculaire, en aucun cas ils ne permettent d’en déterminer la cause, ils ne peuvent pas amener au diagnostic précis de la maladie musculaire. Cette précision sera apportée par la biopsie musculaire. Biopsie musculaire Elle se déroule dans un bloc opératoire et est réalisée par un médecin spécialisé avec l’aide d’une équipe paramédicale entraînée au prélèvement musculaire. Elle se pratique chez un patient réveillé, sous une anesthésie locale, comparable à celle réalisée par les dentistes. L’examen est indolore. Le site de prélèvement épaule, avant-bras, cuisse, jambe est déterminé par le médecin en fonction des symptômes présentés par le patient. Après ce repérage et l’anesthésie locale, une courte incision de la peau 2-3 cm permet d’accéder au muscle qui sera prélevé en superficie. Les petits fragments musculaires ainsi recueillis sont immédiatement pris en charge pour permettre l’analyse au moyen d’un microscope. La peau est fermée par quelques points de suture. La procédure dure une vingtaine de minute. Cet examen ne nécessite pas toujours une hospitalisation. Quels sont les examens complémentaires nécessaires ? 1 Créatine kinase Les Créatines Kinases CK sont des enzymes contenues dans les muscles servant au bon fonctionnement de ces derniers. A l’état normal, une faible quantité est libérée dans le sang par le muscle. En cas de destruction musculaire, les muscles malades libèrent des quantités importantes de CK qui se retrouvent à des taux anormalement élevés dans le sang. Cependant, il faut souligner qu’un taux élevé de CK n’est pas synonyme de maladie musculaire. En effet, un simple effort musculaire peut suffire à augmenter le taux sanguin de CK en l’absence de toute maladie musculaire. Aussi, il est souvent recommandé de faire ce dosage à distance 5 jours d’efforts musculaires, comme la pratique de sport ou de marche prolongée. 2 L’électromyogramme Un enregistrement de l’activité électrique des nerfs et des muscles. Cet examen se déroule dans un cabinet spécialisé, et est pratiqué par un médecin. L’examen dure environ 30 minutes et est indolore. Le médecin colle à surface de la peau à des endroits différents des patchs autocollants électrodes permettant de recueillir un signal électrique. Le signal électrique peut être simplement provoqué par une contraction musculaire volontaire, ou un moyen d’une décharge électrique de très faible intensité et indolore, provoquée par le médecin à l’aide d’une autre électrode. C’est l’analyse de l’enregistrement électrique qui permet de déterminer s’il existe des anomalies de fonctionnement des nerfs ou des muscles. Dans le cas des myosites, on peut observer des anomalies caractéristiques d’une atteinte musculaire. 3 IRM musculaire L'imagerie par résonance magnétique IRM est un examen de radiologie performant permettant d'observer les organes internes. L'IRM est examen qui à la différence du scanner n'irradie pas l'organisme. Il permet l'analyse des muscles et de renseigner sur leur taille, mais aussi de détecter la présence d'une maladie musculaire. L'IRM est, en effet, capable de détecter une agression de certains muscles qui apparaitront alors sur les images anormalement blanc. On peut réaliser des IRM des épaules et des bras ou bien du bassin et des jambes. Un examen de l'ensemble du corps peut aussi être réalisé en une seule fois. Pour réaliser une IRM, le patient est allongé sur une table d'examen, elle-même placée dans un grand tube ouvert à la tête et aux pieds. Le patient reste ainsi installé pendant plusieurs dizaines de minutes selon les régions analysées. L'examen est indolore mais bruyant car la machine émet de brefs bruits intenses de manières répétées. Pour vous éviter ce désagrément un casque antibruit vous sera remis. Le tube étant étroit si vous êtes claustrophobe, il faut prévenir votre médecin. Peut-on prévenir son apparition ou la dépister ? On ne peut pas prévenir son apparition. En cas de suspicion de myosites, il existe une série d’éléments qui amèneront ou non au diagnostic de la maladie musculaire. Ces éléments regroupent des données d’examen recueillis dans le cabinet de consultation mais aussi des bilans complémentaires qui pourront être réalisés au cours d’une hospitalisation programmée ou dans des laboratoires en ville. 1. La première étape devant des symptômes musculaires est d’affirmer ou non la présence d’une maladie musculaire myopathie. Pour cela, le médecin, après un examen attentif, pourra être amené en cas de suspicion forte, à confirmer la maladie musculaire en réalisant un bilan sanguin Créatine Kinase, un électromyogramme, voire une IRM musculaire. 2. Dans un second temps, le diagnostic de certitude de myosite et de son type polymyosite, dermatomosite, myosite à inclusions, myopathie nécrosante reposeront sur la biopsie musculaire et éventuellement sur la présence d’auto-anticorps spécifiques détectables par une prise de sang. 3. Une fois le diagnostic du type de myosite affirmé, une série d’examens complémentaires visant à déterminer la présence d’atteinte d’autres organes que le muscle pourra être proposée. En particulier, la recherche d’une atteinte pulmonaire est fréquemment réalisée. Celle-ci repose sur la réalisation d’un scanner du poumon et d’épreuves fonctionnelles respiratoires. Le scanner du poumon est un examen radiologique indolore permettant de représenter en imagerie, l’aspect des poumons d’un individu et donc détecter des atteintes même débutantes et asymptomatiques. Les épreuves fonctionnelles respiratoires sont, elles, réalisées dans centre de pneumologie spécialisé dans les maladies pulmonaires. Cet examen indolore consiste à mesurer les volumes de la capacité respiratoire. En pratique, le patient est assis, un tuyau en bouche, et souffle à plusieurs reprises aussi fort qu’il le peut. Une machine reliée au tuyau mesure les volumes inspiratoires et expiratoires la force du souffle. Cet examen permet de mesurer la fonction du poumon, alors que le scanner permet d’en donner l’aspect. Le traitement - existe-t-il un des traitements médicamenteux ? - que peut-on espérer de ces traitements ? - y-a-t-il des effets indésirables de ces traitements ? La corticothérapie Les corticoïdes restent à ce jour le pilier thérapeutique sur lequel repose l’ensemble du traitement des myosites excepté les myosites à inclusions. Ils restent donc la référence du traitement d’attaque pour les myosites, ainsi que pour la majorité des maladies auto-immunes sévères. La corticothérapie, est l’un des médicaments les plus efficaces. Elle a une action très rapide et parfois spectaculaire. Les corticoïdes prednisone sont délivrés à fortes doses 1mg/kg/j par voie orale lors du traitement d’attaque. Après une durée d’environ 4 semaines, ils seront diminués très progressivement par palier tous les 15 jours. Pour autant, ils seront maintenus jusqu’à la fin du traitement 3 ans environ mais à des doses beaucoup plus basses. La décroissance est nécessaire en raison du risque d’effets indésirables prédominant à fortes doses et rendue possible par les traitements d’entretien. Les effets indésirables de la corticothérapie sont potentiellement nombreux et prédominent aux fortes doses. Ils sont extrêmement bien connus des médecins et pour la grande majorité évitables par des mesures préventives. Ces mesures préventives respectées, la corticothérapie ne s’accompagne pas, le plus souvent, d’effets secondaires. Les immunoglobulines intra-veineuses Les immunoglobulines intra-veineuses sont avec les corticoïdes, les échanges plasmatiques et le cyclophosphamide, un traitement d’attaque de la maladie instauré au début de la maladie. Les immunoglobulines sont administrées par voie veineuse, à l’hôpital, tous les mois. On réalise en général 3 à 6 cures. Ce traitement est constitué par des millions d’anticorps différents issus de milliers de donneurs sains différents. Il s’agit d’un produit dérivé du sang, exempt de tout risque de contamination infectieuse. On administre 1g/kg/j pendant 2 jours, ce qui représente plusieurs flacons de médicaments délivrés par l’infirmière à un débit régulé selon le poids du patient afin que le produit soit parfaitement toléré. A la différence des autres médicaments utilisés au cours des myosites, les immunoglobulines intra-veineuses ne s’accompagnent pas d’augmentation du risque d’infection. Les échanges plasmatiques Le sang est composé d’une partie phase liquide appelé le plasma qui contient les anticorps. Au cours des myosites, il existe des anticorps spécifiques qui peuvent participer à l’attaque musculaire. L’objectif des échanges plasmatiques est de retirer les mauvais anticorps participant à la maladie. En pratique, ce type de traitement n’est réalisable qu’à l’hôpital et dans certains centres seulement. Les échanges plasmatiques sont réalisés au moyen d’une machine dans laquelle circule le sang du patient à partir d’une simple perfusion. La machine permet de séparer la phase liquide du sang des globules circulants. La phase liquide le plasma est prélevée par la machine et est recueillie dans une poche qui sera détruite. Ce plasma sera remplacé par un produit pharmacologique analogue. . La séance dure 2 à 4 heures pour faire circuler plusieurs fois l’ensemble du sang de l’organisme dans la machine. Trois à six séances sont nécessaires pour épurer les mauvais anticorps. Le cyclophosphamide nom de la molécule – Endoxan Le cyclophosphamide est un traitement administré par perfusion en milieu hospitalier. Il est réservé aux formes sévères de la maladie en particulier s’il existe une atteinte importante du poumon. C’est un immunosuppresseur utilisé en traitement d’attaque. Il est administré en cure mensuelle pour une durée habituelle de 6 mois. Comme les autres immunosuppresseurs, il expose à une augmentation du risque d’infection. Son utilisation n’est pas compatible avec une procréation et grossesse pendant la durée du traitement. Le méthotrexate nom de la molécule – Métoject, Imeth Le méthotrexate est la molécule de traitement d’entretien la plus utilisée. Ce médicament est immunosuppresseur contrôlant l’attaque néfaste musculaire. Le méthotrexate a fait la preuve de son efficacité au cours des myosites. Il permet la décroissance de la corticothérapie en diminuant le risque de rechute de la maladie. Au cours des myosites il est administré le plus souvent par voie sous cutanée une fois par semaine. Il peut être aussi administré par voie orale, mais dans ce cas la quantité de médicament réellement efficace est plus incertaine, c’est pourquoi nous utilisons moins souvent ce mode d’administration. L’administration sous cutanée peut être réalisée aisément hors de l’hôpital par le patient lui-même injection comparable à des injections pour le traitement du diabète ou par une infirmière à domicile. Son utilisation n’est pas compatible avec une procréation et grossesse pendant la durée du traitement. L’injection peut être simplement réalisée à domicile par le patient lui-même, un proche ou une infirmière. L’injection est bien tolérée. Afin d’éviter un effet indésirable sur les globules blancs un traitement par vitamine B9 acide folique doit être pris prise orale une fois par semaine, 2 jours après l’injection. Pour ne pas méconnaître des effets indésirables débutants, une prise de sang doit être régulièrement réalisée. Celle-ci permet de dépister d’éventuels effets indésirables qui motiveront l’arrêt du traitement et permettront la régression complète des anomalies de la prise de sang. Comme tout traitement d’entretien la durée de son administration est d’au moins 2 ans. L’azathrioprine nom de la molécule – Imurel L’azathioprine est un médicament à prendre sous forme de comprimés orale utilisé depuis de très nombreuses années pour contrôler certaines maladies auto-immunes. Comme le méthotrexate, il a fait la preuve de son efficacité au cours des myosites. Il permet la décroissance de la corticothérapie en diminuant le risque de rechute de la maladie. Son administration quotidienne est très bien tolérée. Elle justifie cependant des bilans sanguins réguliers pour dépister des effets secondaires potentiels. Comme tout traitement d’entretien la durée de son administration est d’au moins 2 à 3 ans. Le rituximab nom de la molécule – Mabthera Le rituximab est un nouveau traitement d’entretien. Il est délivré par perfusion en milieu hospitalier par voie intraveineuse. Il s’agit en fait d’un anticorps produit par des laboratoires pharmaceutiques utilisé comme médicament afin d’éliminer des globules blancs responsables de la myosite. Comme tout traitement d’entretien, il contrôle les globules blancs responsables de l’attaque musculaire mais n’épargnent pas ceux impliqués dans les défenses de l’organisme. Il expose donc eux aussi à un risque plus élevé d’infection. Son utilisation est pour l’heure réservée, à certaines formes de myosites pour lesquelles les traitements d’entretien habituels ont été insuffisamment efficaces ou contre-indiqués. L’indication précise du rituximab est en cours d’évaluation. Le rituximab est délivré en perfusion de quelques heures et nécessite des cures tous les 6 mois. Existe-t-il d’autres traitements ou mesures que le patient puisse faire ? Mesures associées à la corticothérapie La corticothérapie doit être associée à des mesures diététiques afin de prévenir d’éventuels effets secondaires. Les corticoïdes ouvrant l’appétit, il est nécessaire de prendre garde à ne pas augmenter ses apports alimentaires, et de bien les adapter à ses besoins et son activité physique l’équilibre alimentaire sera la clé du succès. L’alimentation devra donc être peu sucrée pour éviter une augmentation de la glycémie, peu grasse pour aider à maintenir son poids de forme et suffisante en protéines pour limiter la fonte musculaire. Quant au sel, il suffit de se rapprocher des recommandations pour limiter les risques d’hypertension. Pour les personnes sensibles, ayant une rétention d’eau pieds, mains en début de traitement, le sel ne sera pas supprimé mais contrôlé sur la journée. Afin d’éviter la fragilisation osseuse, une alimentation riche en calcium est nécessaire. Parallèlement, le taux de vitamine D qui aide à la fixation du calcium sur les os sera surveillé par votre médecin et un complément vitaminique vous sera prescrit si besoin. Afin d’éviter une augmentation du risque cardiovasculaire, un contrôle régulier des facteurs de risque sera réalisé tabac, pression artérielle, taux de sucre et de cholestérol et une activité physique régulière est encouragée comme la marche supérieure à 30 minutes. Kiné et exercices physiques sont recommandé en complément des traitements pour toutes les myosites Un soutien psychologique est-il nécessaire ? Oui, un suivi avec un psychologue peut être organisé. Comment se faire suivre pour la maladie ? Il faut se faire suivre dans un centre spécialisé, de référence ou de compétence des maladies auto-immunes ou des maladies neuromusculaires. Quels sont les signes à connaître qui nécessiteraient de consulter en urgence ? La déglutition peut être rendue difficile par une atteinte des muscles de la gorge. Ce type d’atteinte est un signe de gravité qui doit amener à consulter en urgence en raison du risque de fausse route. Où en est la recherche ? Il existe des recherches spécialisées dans le domaine des myopathies inflammatoires, avec des projets d’essais thérapeutiques, en particulier dans le Centre de Référence des Pathologies Neuromusculaires à la Pitié-Salpétrière. Pour plus de détails, consultez le site Y-a-t-il des associations de patients ayant cette maladie ? Oui, au sein de l’AFM un groupe d’intérêt des myosites vient de voir le jour. Pour plus de détails, merci de consulter le site onglet Recherche et Enseignement => Constitution d’un groupe d’intérêt pour les myosites au sein de l’AFM Peut-on avoir une prise à charge à 100% ? Oui Pour obtenir d’autres informations sur cette maladie, contactez Maladies Rares Info Services au 01 56 53 81 36 appel non surtaxé et
4 Je marche dans la rue car (je n'ai rien de mieux à faire). 5. (Tu as acheté une voiture) même si tu as dû prendre un crédit. 6. elle n'aime pas (voir les enfants jouer trop près de ses massifs en fleurs).. 7. Je m'élance, (je saute), je touche le sol et là je perds l'équilibre et je m'étale par terre. 8.
Les entreprises d'au moins cinquante salariés sont soumises à une pénalité à la charge de l'employeur en l'absence d'accord relatif à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes à l'issue de la négociation mentionnée au 2° de l'article L. 2242-1 ou, à défaut d'accord, par un plan d'action mentionné à l'article L. 2242-3. Les modalités de suivi de la réalisation des objectifs et des mesures de l'accord et du plan d'action sont fixées par décret. Dans les entreprises d'au moins 300 salariés, ce défaut d'accord est attesté par un procès-verbal de pénalité prévue au premier alinéa du présent article peut également être appliquée, dans des conditions déterminées par décret, en l'absence de publication des informations prévues à l'article L. 1142-8 ou en l'absence de mesures définies dans les conditions prévues à l'article L. montant de la pénalité prévue au premier alinéa du présent article est fixé au maximum à 1 % des rémunérations et gains au sens du premier alinéa de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale et du premier alinéa de l'article L. 741-10 du code rural et de la pêche maritime versés aux travailleurs salariés ou assimilés au cours des périodes au titre desquelles l'entreprise ne respecte pas l'une des obligations mentionnées aux premier et deuxième alinéas du présent article. Le montant est fixé par l'autorité administrative, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, en fonction des efforts constatés dans l'entreprise en matière d'égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes ainsi que des motifs de sa défaillance quant au respect des obligations fixées aux mêmes premier et deuxième produit de cette pénalité est affecté au fonds mentionné à l'article L. 135-1 du code de la sécurité sociale.
Sivous avez atterri sur cette page Web, vous avez certainement besoin d’aide avec le jeu CodyCross. Si vous ne voulez pas vous mettre au défi ou simplement fatigué d’essayer, notre site Web vous donnera CodyCross Conter __, faire la cour à une femme réponses et tout ce dont vous avez besoin, comme les tricheurs , des conseils, des informations utiles et des
Aladin et la lampe merveilleuse Format imprimable pour imprimer le conte Aladin et la lampe merveilleuse Quelque part en Afrique, vivait un puissant magicien qui possĂ©dait d'innombrables trĂ©sors, obtenus par magie. Un jour qu'il Ă©tait assis devant ses Ă©tranges instruments grâce auxquels il pouvait voir le futur, il vit dans un tourbillon de fumĂ©e quelque chose qui lui coupa le souffle. Dans une ville lointaine vivait un jeune garçon, Aladin, qui possĂ©dait, sans le savoir, un très grand pouvoir magique. Plus encore, enterrĂ© dans une cave sous une colline hors les murs de la ville, se trouvait le plus merveilleux trĂ©sor qui soit au monde. Ce n'Ă©tait pas tout, dans la mĂŞme cave se trouvait une vieille lampe qui pouvait exaucer tous les dĂ©sirs de celui qui la possĂ©dait. Aladin, et Aladin seulement, pouvait se rendre maĂ®tre et du trĂ©sor et de la lampe. Le magicien, fascinĂ© par ce qu'il avait vu, revint subitement sur terre Ne suis-je pas un grand magicien ? » se dit-il, je ne vais certaine-ment pas laisser un tel trĂ©sor entre les mains de cet ignorant. » En hâte il se dĂ©guisa en religieux et, frottant l'anneau magique qu'il avait au doigt, dit Conduis-moi dans la ville d'Aladin. » En un Ă©clair il fut dans la rue oĂą Aladin jouait avec ses compagnons. Dès qu'il l'eut reconnu, le magicien appela le jeune garçon Aladin, mon cher neveu ! Viens que je t'embrasse ! Cela fait Si longtemps que je te cherche. » Aladin, le regardant avec Ă©tonnement, rĂ©pondit Je ne vous connais pas, ma mère ne m'a jamais parlĂ© d'un oncle et mon regrettĂ© père ne m'avait de sa vie parlĂ© d'un frère. » Mon pauvre enfant », dit an pleurant le magicien, cela fait Si longtemps que je n'ai pas vu ton cher père et il me faut apprendre maintenant qu'il est mort... Mon cher enfant », continua-t-il, par amour pour ton dĂ©funt père je veux prendre en charge ton Ă©ducation et faire de toi une personne respectable, car je vois Ă tes vĂŞtements que ta mère a bien du mal Ă vous faire vivre. » Mon oncle », dit Aladin, ma mère, en effet, n'est qu'une pauvre ouvrière, allons la trouver pour lui annoncer la bonne nouvelle». Tout d'abord la pauvre veuve ne voulut pas croire le mystĂ©rieux Ă©tranger, mais elle se radoucit quand il lui donna dix pièces d'or afin qu'elle achète des vĂŞtements Ă son fils. Mais seulement les plus beaux », prĂ©cisa-t-il avant de s'en aller, car, Si Aladin doit devenir riche et puissant, il doit ĂŞtre vĂŞtu an consĂ©quence. J'en jugerai par moi-mĂŞme demain car dès le lever du jour je le prendrai Ă ma charge. » La mère d'Aladin employa les dix pièces d'or Ă l'achat des plus beaux et des plus fins vĂŞtements qu'elle pĂ»t trouver. Le matin suivant, quand l'Ă©tranger revint, Aladin l'attendait, vĂŞtu aussi somptueusement que les enfants des plus riches de la ville. Parfait », approuva le magicien, maintenant allons, il n'y a plus de temps Ă perdre. » Il l'emmena dans de splendides jardins pleins de fleurs merveilleuses qui embaumaient. Leurs pĂ©tales multicolores se reflĂ©taient dans les pièces d'eau, bordĂ©es de mosaĂŻques et de fontaines. Ils se reposèrent sur une pelouse douce comme du velours et Ă©coutèrent le chant des oiseaux. Aladin n'avait jamais rien vu ni entendu d'aussi beau, mĂŞme dans ses rĂŞves... Quand le magicien vit Aladin aussi Ă©merveillĂ©, il se frotta les mains, son plan devait rĂ©ussir. Je vais te faire voir des choses extraordinaires et inconnues de tous les mortels, des richesses que personne n'a jamais vues», promit-il, alors qu'ils approchaient de la colline sous laquelle Ă©tait enfoui le trĂ©sor. Le magicien commença Ă mesurer le sol puis il s'arrĂŞta. Ayant allumĂ© un feu de quelques brindilles, il y jeta une poignĂ©e d'encens. BientĂ´t il n'y eut plus qu'un Ă©pais nuage de fumĂ©e. Regarde Ă travers la fumĂ©e », dit le magicien lui montrant le sol. Aladin, surpris, dĂ©couvrit une trappe pourvue d'un anneau en fer. Tu vas soulever cette trappe et descendre dans les profondeurs de la terre », murmura le faux-oncle, tu passeras par des couloirs, des salles, des jardins, tout ce que tu pourras prendre sur le chemin sera Ă toi, la seule chose que je dĂ©sire est une lampe qui est accrochĂ©e dans une des salles. » Avec plaisir, mon oncle », dit Aladin, mais pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi ? » Je reste ici pour veiller sur ta sĂ©curitĂ© », dit le magicien, maintenant vas-y. » Aladin attrape l'anneau et soulève la trappe avec tant de facilitĂ© que le magicien en est suffoquĂ©. Le jeune garçon arrive Ă un passage obscur après avoir traversĂ© de grandes salles pleines d'or, d'argent, de diamants, de perles et autres pierres prĂ©cieuses. Sans le savoir il a dĂ©couvert le plus riche trĂ©sor du monde. Il continue d'avancer et arrive Ă un jardin merveilleux. Les arbres ploient, tant leurs branches sont chargĂ©es de fruits. Mais ce ne sont pas des fruits ordinaires, leur Ă©clat est Ă©blouissant. De chaque branche tombent des diamants, des perles, des rubis d'un rouge intense, des amĂ©thystes, des Ă©meraudes et des saphirs. Les pĂ©tales des fleurs sont d'or fin et dignes d'orner la tĂŞte d'une princesse. Dans une niche est accrochĂ©e la lampe. Elle est vieille, poussiĂ©reuse et Ă©claire faiblement. Aladin la dĂ©croche avec prĂ©cautions, Ă©teint la flamme, jette l'huile et prend le chemin du retour. Alors seulement il prend le temps d'admirer les richesses qui l'entourent et d'en remplir ses poches. Le magicien l'attend dans la plus grande impatience. Quand il le voit, il crie Que de temps il t'a fallu! Viens maintenant, passe-moi la lampe et je t'aiderai Ă sortir. » Je ne peux pas, mon oncle, elle est trop lourde, aidez-moi d'abord Ă sortir », bĂ©gaie Aladin. Mais le magicien n'a pas la moindre intention de l'aider. Il veut la lampe pour ensuite se dĂ©barrasser du jeune garçon. Il insiste, tour Ă tour doux et menaçant, mais en vain. Aladin essaie encore, et encore, mais il ne peut rĂ©ussir Ă soulever la lampe jusqu'Ă l'ouverture. Alors le magicien entre dans une fureur Ă©pouvantable. Ingrat », hurle-t-il, je vais te donner une leçon. Et Ă ces mots il jette une seconde poignĂ©e d'encens dans le feu, tout en marmonnant des paroles magiques dans une langue inconnue. La dalle de pierre se met Ă bouger et, lentement, recouvre l'ouverture. Puisque je ne peux pas avoir cette lampe, tu peux mourir, personne ne viendra te chercher là », dit-il avec un rire mauvais. Puis il frotte l'anneau magique et disparaĂ®t. Aladin est tout seul dans l'obscuritĂ©. Comment aurait-il pu penser que son oncle le traiterait aussi cruellement. Il appelle au secours mais personne ne peut l'entendre et il ne peut sortir de lĂ sans aide. Il remonte les couloirs, les salles, jusqu'au jardin merveilleux, cherchant une issue Ă©ventuelle. Mais rien. DĂ©sespĂ©rĂ©, il revient au point de dĂ©part et, se laissant tomber dans un coin, il pleure silencieusement. Puis il se met Ă prier. Comme il prie, ses doigts accrochent la vieille lampe et soudain un gĂ©nie Ă la figure Ă©norme se matĂ©rialise devant lui. MaĂ®tre, vous m'avez appelĂ©, que dĂ©sirez-vous ? » demande-t-il Ă Aladin. Emmène-moi auprès de ma mère », ordonne le jeune garçon, abasourdi et, avant d'ĂŞtre revenu de son Ă©tonnement, il se trouve devant la porte de sa maison ... Il raconte ses aventures Ă sa mère qui convient avec lui que la lampe renferme un pouvoir magique et ils comprennent alors pourquoi le magicien y tenait tant. Aladin est fou de joie Finies la pauvretĂ© et les privations ! » et, joignant le geste Ă la parole, il fait de nouveau apparaĂ®tre le gĂ©nie auquel il commande Ă dĂ®ner. Le gĂ©nie disparaĂ®t un instant et reparaĂ®t chargĂ© d'une bassine et de douze plats d'argent, chacun rempli de mets plus dĂ©licats les uns que les autres. Le gĂ©nie apporte Ă©galement du vin et des fruits dĂ©licieux, qu'il place devant Aladin et sa mère. Cette dernière ne peut en croire ses yeux et tremble de crainte Jette cette lampe, mon fils, elle est ensorcelĂ©e et ne nous apportera que des ennuis. » Mais c'est elle qui m'a libĂ©rĂ© de cette trappe dans laquelle mon prĂ©tendu oncle m'avait enfermĂ© ! » proteste Aladin en commençant Ă manger. Pourtant sa mère ne cesse de s'inquiĂ©ter et de trembler. Pour lui faire plaisir, Aladin promet de cacher la lampe dans un endroit sĂ»r et de chercher un travail honnĂŞte. Puis tous deux dĂ©cident de vendre les plats d'argent, et ainsi de vivre un certain temps confortablement. Pendant la journĂ©e, Aladin va de marchĂ© en marchĂ©, regardant travailler les orfèvres et les commerçants en essayant d'apprendre quelque chose. Un jour il dĂ©cide d'ouvrir lui-mĂŞme un commerce; emportant avec lui les pierres prĂ©cieuses qu'il a ramenĂ©es du jardin merveilleux, il quitte la maison. Il a Ă peine fait quelques pas qu'il entend les trompettes du messager du sultan Rentrez chez vous », crie celui-ci, fermez portes et fenĂŞtres, la princesse Badroulboudour, fille du sultan, va passer, elle ne doit pas ĂŞtre vue. Si quelqu'un dĂ©sobĂ©it Ă cet ordre, il aura la tĂŞte coupĂ©e. » Aladin a souvent entendu parler de la beautĂ© de la princesse et il brĂ»le d'envie de la voir. Inconscient du danger, il se cache donc derrière une porte et attend qu'elle passe. En effet la princesse est la plus belle brune que l'on peut voir au monde, elle Ă©clipse par sa beautĂ© toutes les servantes qui l'entourent.. Quand elle passe devant la porte derrière laquelle se cache Aladin, le vent soulève lĂ©gèrement son voile, dĂ©couvrant ainsi un visage dont la perfection le fait trembler d'Ă©motion. Une fois la princesse passĂ©e, il reprend ses pierres prĂ©cieuses et rentre en courant chez lui. Il a toujours devant ses yeux, la vision de la princesse et, bien que sa raison sache que c'est pure folie, son coeur dĂ©borde d'amour. Il ne peut plus ni manger ni dormir. Sa mère le remarque et lui en demande la raison. HĂ©las mon fils ! » se lamente-t-elle lorsqu'il lui raconte son tourment, la fille du sultan n'est pas pour quelqu'un comme toi, quelque soit ton amour pour elle, mon fils, il n'y faut plus penser. » Ma fortune peut Ă©galer celle du sultan », rĂ©torque Aladin, j'ai beau n'ĂŞtre que le fils d'un pauvre tailleur, je suis sĂ»r que le sultan ne possède pas de pierres prĂ©cieuses comparables aux miennes. » Aladin dispose ses pierres prĂ©cieuses dans le bassin d'argent et ajoute Chère mère, vous allez vous prĂ©senter au sultan et demander pour moi la main de la princesse. Prenez ces joyaux et offrez-les au sultan, ne me refusez pas cette faveur, je vous en supplie, ou je mourrai de chagrin. » Il n'y a rien qu'une mère ne ferait pour son fils. La mère d'Aladin prend donc le bassin plein de joyaux et, courageusement, se rend au palais. Aprn's avoir franchi d'innombrables portes, elle arrive au divan, pièce immense oĂą se trouvent les nobles, les vizirs et les juges de la cour. Au centre de la pièce, trĂ´ne le sultan en personne, Ă©coutant les requĂŞtes de ses sujets. Quand elle le voit, la mère d'Aladin se sent dĂ©faillir et elle veut rebrousser chemin mais le sultan la remarque. Faites venir cette femme, je suis curieux de savoir ce qu'elle dĂ©sire », dit-il Ă son grand vizir. Une fois devant lui, la mère d'Aladin se prosterne, baise le tapis qui couvre les marches du trĂ´ne et dit Avant d'exposer Ă Sa MajestĂ© le sujet extraordinaire qui me fait paraĂ®tre devant son trĂ´ne, je la supplie de me pardonner la hardiesse de la demande que je viens lui faire. » Relève-toi, bonne femme », rĂ©pond gentiment le sultan, quoi que ce puisse ĂŞtre, je te le pardonne dès Ă prĂ©sent et il ne t'arrivera pas le moindre mal parle hardiment. » J'ai un fils nommĂ© Aladin », commence-t-elle et, d'une voix tremblante, elle raconte comment son fils, bien que ce soit interdit, a vu la princesse et, devant sa beautĂ© incomparable, en est tombĂ© follement amoureux. Et je suis venue ici pour demander Ă Sa MajestĂ© la main de sa fille pour mon fils. » Et qu'est-ce qui te permet de penser qu'il est digne de ma fille ? »questionne le roi amusĂ©. Il vous envoie ce prĂ©sent », rĂ©pond bravement la mère d'Aladin en dĂ©couvrant le bassin d'argent. Un murmure d'admiration parcourt l'assemblĂ©e. Le sultan, revenu de son Ă©tonnement, se penche vers son grand vizir et lui dit Chacune de ces pierres vaut Ă elle seule dix fois plus que ma fortune tout entière, que dis-tu d'un tel cadeau? Que dois-je rĂ©pondre?» Je dois reconnaĂ®tre que le prĂ©sent est digne de la princesse », rĂ©pond le vizir Ă contrecoeur, mais je pense qu'il serait prudent d'attendre quelques mois avant de vous prononcer, car je suis très soupçonneux quant a l'origine de ces pierres... » Rentre chez toi, bonne femme », reprend le sultan, et dis Ă ton fils que j'accepte sa requĂŞte mais qu'il lui faudra attendre trois mois car il me faut le temps de faire tous les prĂ©paratifs Aussi, reviens au bout de ce temps-lĂ . » La mère, dĂ©bordante de joie, se dĂ©pĂŞche de rentrer pour annoncer la bonne nouvelle. Cette nuit-lĂ , Aladin s'endort le coeur lĂ©ger, en remerciant Dieu de sa bontĂ©. Mais il ne sait pas que le grand vizir est prĂŞt Ă tout pour l'empĂŞcher d'Ă©pouser la princesse, car lui-mĂŞme a un fils qu'il veut marier Ă la fille du sultan afin qu'il monte un jour sur le trĂ´ne. D'ailleurs, le sultan ne lui a-t-il pas promis la princesse pour son fils bien avant que la mère d'Aladin ne, se prĂ©sente? Va-t-il laisser un inconnu gâcher ses plans? Le grand vizir sait ce qu'il lui reste Ă faire le sultan devient vieux et il perd un peu la tĂŞte. S'il n'entend plus parler d'Aladin pendant quelque temps, il oubliera sa promesse. Alors il pourra mĂŞme le convaincre habilement que son propre fils est plus digne d'Ă©pouser la princesse Badroulboudour. Le vizir ne perd pas de temps. Le plus important dans la prĂ©paration d'un mariage est la procession qui, Ă travers la ville, se rendra jusqu'au palais du sultan. Le grand jour arrive. Des soldats et des gardes en uniforme de cĂ©rĂ©monie dĂ©filent dans les rues tandis que la population s'active Ă allumer des lampions et Ă jeter des fleurs. Aladin ne sait rien de tout cela, car il ne quitte pratiquement pas sa chambre, comptant les jours qui le sĂ©parent de sa chance. Pourtant ce soir-lĂ , il s'aventure dans les rues et, Ă©tonnĂ© de voir la ville en fĂŞte, demande quelle est la raison de cette agitation. Nous cĂ©lĂ©brons aujourd'hui le mariage du fils du grand vizir avec la princesse Badroulboudour, Ă©tranger », lui rĂ©pond-on. Nous attendons que l'Ă©poux sorte du bain pour l'accompagner jusqu'au palais... » Aladin n'attend pas plus longtemps, il court jusqu'Ă sa chambre, prend la lampe qu'il avait cachĂ©e et fait glisser ses doigts sur le bronze. Que dĂ©sirez-vous, maĂ®tre ? » demande aussitĂ´t le gĂ©nie. En ce moment mĂŞme la procession du mariage de la princesse Badroulboudour marche vers le palais du sultan. Je veux prendre la place du prĂ©tendant. Mène le fils du vizir chez lui et enferme-le. Procure-moi aussi les mĂŞmes vĂŞtements que les siens. » Il sera fait selon votre dĂ©sir, maĂ®tre », rĂ©pond l'esclave de la lampe. En un dm d'oeil Aladin est habillĂ© et parfumĂ© comme un prince et transportĂ© au palais. La procession arrive Ă hauteur des portes du palais et personne n'a remarquĂ© la substitution. Seuls le sultan et le grand vizir s'Ă©tonnent Ă la vue de ce mystĂ©rieux Ă©tranger. Aladin se jette aux pieds du sultan Monarque au-dessus des Monarques du monde», commence-t-il, je viens au sujet de la promesse que vous avez faite Ă ma mère... » Le sultan irritĂ© se tourne vers le grand vizir Je me souviens », dit-il, ce doit ĂŞtre cet Aladin. Toi, mĂ©crĂ©ant, tu voulais que ton fils prenne sa place. » Je pensais seulement Ă votre intĂ©rĂŞt », dit le vizir, furieux de la tournure des Ă©vĂ©nements, et Si vous voulez bien me permettre ce conseil, demandez Ă cet homme une dot digne de la princesse, vous ne savez mĂŞme pas quelle est sa fortune. »Le sultan rĂ©flĂ©chit un moment et dit Notre coutume, Aladin, est d'exiger une grosse dot pour une princesse. Pour ma fille, je demande quarante plats d'or fin remplis de pierres prĂ©cieuses. A cette seule condition je te donnerai ma fille. » Que Sa MajestĂ© attende un instant, je reviens avec la dot qu'elle demande », rĂ©pond Aladin au grand Ă©tonnement des personnes prĂ©-sentes. En hâte il rentre chez lui; un instant plus tard, on le voit apparaĂ®tre dans la rue suivi de quarante servantes, chacune portant sur la tĂŞte un plat du plus bel or rempli des plus beaux joyaux. Il s'est procurĂ© tout cela grâce Ă sa lampe magique... Quelle magnifique procession ! Aladin marche en tĂŞte, sur un superbe cheval arabe, suivi de sa mère, habillĂ©e comme une reine et accompagnĂ©e de douze esclaves. Des cavaliers les suivent, jetant Ă la foule Ă©merveillĂ©e des milliers de pièces d'or. Le sultan peut Ă peine en croire ses yeux. Il vient lui-mĂŞme Ă la rencontre d'Aladin, l'embrasse comme son propre fils et, n'Ă©coutant plus les avertissements jaloux de son vizir, il donne l'ordre de commencer les festivitĂ©s. En un instant la musique retentit et le sol se met Ă trembler sous les pieds des danseurs. Le palais ruisselle de lumières et tout le monde s'amuse. Le sultan, Ă qui Aladin a plu tout de suite, appelle ses juges et ordonne que le contrat de mariage soit signĂ© sur-le-champ. Une fois la chose faite, Aladin se lève et demande la permission de se retirer. OĂą voulez-vous aller, mon fils ? » lui demande le sultan, auÂjourd'hui est un grand jour et votre Ă©pouse vous attend. » Sa beautĂ© est telle qu'elle mĂ©rite davantage que ce que j'ai pu lui donner jusqu'Ă prĂ©sent », rĂ©pond Aladin. J'ai dĂ©cidĂ© qu'avant le lever du jour, j'aurai fait construire un palais digne de recevoir la princesse. J'aimerais que vous choisissiez vous-mĂŞme l'emplacement de notre future demeure. » Choisissez la partie de mon royaume qu'il vous plaira, si vous pensez que c'est nĂ©cessaire », dit le sultan, mais vous n'avez pas besoin d'un palais car Ă partir de ce jour, celui-ci est le vĂ´tre. » Cette nuit-lĂ , une armĂ©e de gĂ©nies invisibles travaille Ă la construction du palais d'Aladin tout pres de celui du sultan. Il est tout de marbre fin, de jade et d'agate; les pièces sont ornĂ©es d'or et d'argent, les murs de magnifiques tentures et les sols de merveilleuses mosaĂŻques. Avant le lever du jour, le palais retentit des voix des servantes, du bruit de la vaisselle et du hennissement des chevaux dans les Ă©curies. Le soleil se lève sur un tapis de velours qui court du palais d'Aladin au palais du sultan. Ainsi font les esclaves de la lampe conformĂ©ment aux ordres d'Aladin. La princesse Badroulboudour tombe Ă©perdument amoureuse d'Aladin dès qu'elle le voit et les festivitĂ©s de leur mariage durent quarante jours et quarante nuits dans le plus grand apparat. Le grand vizir, voyant que sa cause est perdue Ă jamais, ne tente plus d'empĂŞcher leur bonheur. Ils auraient donc pu vivre parfaitement heureux si, quelque part, le terrible magicien ne s'Ă©tait un jour souvenu d'Aladin. Encore une fois, du fin fond de l'Afrique, il dĂ©cide d'essayer de rentrer en possession de la lampe merveilleuse et de savoir ce qu'il est advenu de cet Aladin qu'il a emprisonnĂ© dans la trappe. Il s'installe donc devant ses instruments et prononce la formule magique. Quelle n'est pas sa surprise de voir qu'Aladin vit comme un prince et qu'il a Ă©pousĂ© la fille du sultan lui-mĂŞme! Il entre dans une colère terrible, criant et gesticulant comme s'il Ă©tait possĂ©dĂ© par le diable, tout en se demandant comment lui dĂ©rober la fameuse lampe, car il est sĂ»r que le fils d'un misĂ©rable tailleur n'a pu devenir gendre du sultan sans l'aide des pouvoirs magiques de la lampe. Il se dĂ©cide Ă agir et sans perdre une minute il frotte son anneau magique. En un Ă©clair, le voilĂ transportĂ© dans la ville mĂŞme oĂą vit Aladin. Il se promène dans les rues questionnant les passants. BientĂ´t il sait tout ce qu'il veut savoir sur Aladin et son palais. Alors il achète une douzaine de lampes neuves et commence Ă arpenter les rues en criant Qui veut Ă©changer une vieille lampe contre une neuve? Qui veut Ă©changer une vieille lampe contre une neuve ? » Les citadins pensant que le camelot a perdu la raison profitent sans chercher davantage de cette offre inespĂ©rĂ©e. Le magicien Ă©change en souriant lampe après lampe tout en se rapprochant du palais d'Aladin. Quand il arrive aux portes du palais, il ne lui reste plus qu'une lampe Une lampe neuve contre une vieille », crie-t-il sous les fenĂŞtres d'Aladin. Il a appris qu'Aladin et son Ă©pouse ne sont pas au palais, ainsi ne craint-il pas d'ĂŞtre dĂ©couvert. Il tremble d'Ă©motion lorsque l'un des esclaves du palais ouvre la fenĂŞtre et lui crie Attends un instant, notre maĂ®tre a une tres vieille lampe dans sa chambre. Je crois qu'il serait bien content, si on la lui changeait pour une neuve. » Le magicien n'en croit pas ses yeux, l'esclave lui donne contre une neuve, la lampe merveilleuse qu'il dĂ©sire depuis si longtemps... Dès qu'il l'a entre les mains, il se hâte de quitter la ville, puis il attend que la nuit tombe et que le palais soit endormi. Alors il frotte la lampe et le gĂ©nie lui apparaĂ®t. MaĂ®tre, que dĂ©sirez-vous ? » demande-t-il. Je veux que le palais d'Aladin ainsi que la princesse soient transportĂ©s chez moi en Afrique, mais je veux qu'Aladin reste ici. Il s'expliquera lui-mĂŞme avec le sultan », dit-il avec un rire mauvais. La nuit est sans Ă©toile et sans lune. Tout Ă coup, sans que personne ne s'en aperçoive, le palais s'Ă©lève dans le ciel, ne laissant Ă la place qu'une vaste surface de terre battue. Le matin, quand le sultan se rĂ©veille, il regarde comme il en a l'habitude, vers le palais d'Aladin. Mais ce jour-lĂ , il ne peut en croire ses yeux, est-il en train de rĂŞver? HĂ©las non on aurait dit qu'un Ă©norme coup de vent a balayĂ© la terre et a tout emportĂ©. A la place du palais, il n'y a plus qu'un espace vide. HorrifiĂ©, le vieux sultan fait appeler son grand vizir. Dis-moi ce que tu vois », lui ordonne-t-il en ouvrant la fenĂŞtre. MajestĂ©, le palais du prince a disparu », s'Ă©crie le vizir stupĂ©fait. Puis, se tournant vers le sultan, il ajoute Si seulement vous m'aviez Ă©coutĂ©, j'ai toujours pensĂ© que cet Aladin avait usĂ© de moyens malhonnĂŞtes et de magie pour Ă©pouser votre fille ! Il faut l'attraper, le punir sĂ©vèrement et le forcer Ă s'expliquer. » Le sultan, la veille encore Si attentionnĂ© pour Aladin, ne pense plus maintenant qu'Ă se venger. Il faut qu'il souffre les pires tortures », crie-t-il, fou de rage, lancez les gardes Ă sa recherche, qu'on fouille toute la ville pour le retrouver. » Ils ne cherchent pas longtemps. Aladin dort profondĂ©ment près d'un buisson. On l'amène devant le sultan fou furieux et lorsqu'il est jetĂ© dans le plus noir et le plus profond cachot, il n'a toujours pas compris ce qui lui arrive. Il est lĂ impuissant, sans dĂ©fense. Très loin au-dessus de lui, il entend la voix du sultan Je te donne quatre jours et quatre nuits, Si d'ici lĂ la princesse Badroulboudour n'est pas revenue, je te ferai couper la tĂŞte.» Aladin l'Ă©coute le coeur serrĂ©. OĂą donc est sa chère princesse? Il rĂ©flĂ©chit longtemps Ă sa mystĂ©rieuse disparition et Ă la non moins mystĂ©rieuse disparition de son palais. Il comprend enfin que seul le magicien peut ĂŞtre l'auteur de ce crime. Mais comment le retrouver maintenant qu'il n'a plus sa lampe mèrveilleuse? Tandis qu'Aladin souffre dans sa prison, le magicien fait sa cour Ă la pauvre princesse Badroulboudour. Rien ne sert de pleurer, belle princesse, vous ne reverrez jamais Aladin », lui rĂ©pète-t-il sans cesse. Maintenant que je vous ai fait amener ici, en Afrique, vous et votre palais, personne n'osera plus essayer de vous enlever Ă moi. Je vous ai choisie pour Ă©pouse et ce soir je viendrai vous demander votre main. Si vous refusez de me prendre pour Ă©poux, malheur Ă vous ! » ajoute-t-il d'une voix menaçante avant de la quitter. La princesse se cache tout d'abord la tĂŞte dans les mains et se met Ă pleurer. Puis elle imagine un plan si Aladin est impuissant, sans le secours de sa lampe, elle, au moins, peut agir. Ce soir-lĂ , elle met sa plus belle robe, s'enduit des plus riches parfums et ordonne qu'on prĂ©pare un somptueux festin, accompagnĂ© des vins les plus forts. Puis elle s'assoit et attend le magicien. Elle l'accueille avec son plus doux sourire. Vous ĂŞtes mon maĂ®tre », lui murmure-t-elle en se prosternant devant lui. Le magicien ne peut dĂ©tacher les yeux de la merveilleuse princesse. "Je vois que vous avez pensĂ© Ă ma proposition ...", commence-t-il, mais elle ne le laisse pas terminer. Elle l'invite Ă se mettre Ă table, lui offre un verre de vin. La soirĂ©e passe, la princesse parle, rit, dit mille bĂŞtises et le magicien ne cesse de boire. Je sais, mon maĂ®tre », dit enfin la princesse, que votre pouvoir dĂ©passe de loin celui de tous les rois du monde, d'oĂą le tenez-vous ? » "De cette lampe", bĂ©gaie le magicien, sortant de sa robe la lampe rnerveilleuse, il me suffit de la frotter ici et...», il ne peut terminer sa phrase, il glisse lourdement sur le sol et se met Ă princesse n'attendait que cet instant, elle attrape la lampe et la frotte comme le magicien lui a indique. Que dĂ©sirez-vous, maĂ®tresse ? » demande le gĂ©nie qui est si grand et si impressionnant que la princesse en est terrifiĂ©e. Envoie ce magicien en enfer et reviens tout de suite », commande-t-elle, reprenant courage. Le gĂ©ant s'empare immĂ©diatement du magicien et disparaĂ®t pour reparaĂ®tre une seconde plus tard. Vous n'entendrez plus parler de ce magicien », dit-il. DĂ©sirez-vous autre chose, princesse ? » Ramenez ce palais oĂą il Ă©tait !» La lampe une fois de plus rĂ©alise les dĂ©sirs de la princesse. Avant que le coq ne chante, Aladin est libĂ©rĂ© et rendu Ă sa princesse. Le sultan se rĂ©jouit avec eux et Aladin oublie bien vite les souffrances du cachot. Mais Ă partir de ce jour, la lampe disparaĂ®t et on n'en entend plus parler. L'intelligente princesse l'a cassĂ©e en mille morceaux, elle en a brĂ»lĂ© une partie, enterrĂ© une autre et jetĂ© le reste Ă la mer. Ainsi agit-elle car elle craint l'envie et le dĂ©sir de pouvoir qui sont souvent plus forts chez les hommes que la bontĂ©...
Deuxans après sa condamÂnaÂtion pour viol et agresÂsion sexuelle, Harvey Weinstein autoÂriÂsĂ© Ă faire appel; Canada : Michelle O’Bonsawin, toute preÂmière juge autochÂtone Ă siĂ©Âger Ă la Cour suprĂŞme du pays; États- Unis : les conservateur·ices veulent banÂnir Le Journal d'Anne Frank des Ă©coles au Texas
Dre Rokhiatou Babio est l'une des rares femmes au Bénin à diriger une équipe médicale en première ligne pour sauver des vies humaines de la pandémie de coronavirus. Elle décrit son expérience déchirante de cette journée sombre et cruelle, un mois après son entrée en fonction Une patiente, parmi les trois, est pratiquement décédée dans mes bras ». Un silence profond l’envahit, et elle poursuit. Et, il faut s'occuper des parents après l'annonce du décès. Le plus dur pour leurs parents est de ne pas pouvoir emporter la dépouille mortelle. Il est difficile de les convaincre, même avec l'aide d'un psychologue », raconte-t-elle. Dans la gestion de la Covid-19, le gouvernement du Bénin a pris des mesures strictes d’enterrer tous les morts liés au coronavirus. Les parents ne peuvent donc ni reprendre le corps ni procéder eux-mêmes à l’inhumation. Dre Babio est une femme-médecin généraliste, aux urgences du Centre hospitalier universitaire du Borgou, au Bénin. Multifonctions, elle supervise une équipe de 40 membres du personnel médical au centre de prise en charge Covid-19 à l’Hopital d’instruction des Armées du Borgou. Son centre reçoit des patients atteints de coronavirus de cinq des 12 départements du pays - Atacora, Borgou, Alibori, Donga et Collines. Et elle gère également le Centre hémorragique de Lassa à Parakou. © Hermès AmoussouviSous la supervision de la Dre Rokhiatou Babio au centre, des volontaires font une simulation sur la technique de prélèvement des patients à risque, tout en apprenant à éviter de se contaminer lors de l’exercice. Inspirer confiance aux membres de l'équipe moins expérimentés En tant qu'experte chevronnée des urgences médicales et des réponses aux épidémies travaillant dans le nord du Bénin, Dre Babio a géré quatre crises sanitaires au cours de sa carrière. Confrontée à la pandémie Covid-19, sa cinquième urgence, elle a rapidement inspiré confiance aux autres membres de l'équipe moins expérimentés ». Dès ma prise de fonction, l'objectif était de sauver la vie de patients tout en protégeant le personnel soignant, dont la plupart n'avaient jamais géré une épidémie auparavant. Il était donc nécessaire dès les premiers jours d'instaurer un climat de confiance et de leur donner envie de gérer les patients Covid-19 », a-t-elle déclaré. Dre Babio a divisé son personnel en trois équipes multidisciplinaires et mixtes. Pour obtenir le meilleur de chacune, elle est toujours à leur écoute et répond à leurs questions professionnelles comme personnelles. Chaque collègue a mon numéro et peut aussi me contacter à tout moment pour déposer une plainte. Cela réduit le stress du personnel et garantit une bonne gestion de l'épidémie », a-t-elle ajouté. Mais c'est parfois une surprise pour les gens de voir une femme en charge du service des urgences, de plus comme coordinatrice de la gestion des cas Covid-19. Certaines personnes vont jusqu'à dire que, comme je suis une femme, j'ai été nommée coordinatrice parce que j'étais amie avec les autorités. Sans savoir que depuis 2016, je gère des épidémies de fièvres hémorragiques virales à Lassa et que cette compétence est reconnue au niveau international », a souligné Dr Babio. Son collègue, le Dr Hermès Melvis Amoussouvi, médecin généraliste, est bien d'accord avec elle, et reconnait que la notion de leadership est asexuée. Une leader doit être capable d'inspirer à la fois les femmes et les hommes. Il est important, et cela se remarque de plus en plus, que les femmes prennent conscience de leur capacité à faire autant, voire mieux, que les hommes. Les femmes ont leur propre potentiel et nous devons l’accepter », insiste le Dr Amoussouvi. Intégrer les femmes dans tous les secteurs de la société L’équipe des Nations Unies au Bénin travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du pays pour faciliter l’intégration des femmes dans tous les secteurs de la société, y compris la médecine. Nous ne pouvons pas construire l'avenir que nous voulons et atteindre les Objectifs de développement durable ODD sans l’entière participation de toutes les parties prenantes de la société, en particulier les femmes », a déclaré Salvator Niyonzima, Coordonnateur résident des Nations Unies au Bénin. Il souligne l’importance de la promotion de l’égalité des sexes et des droits des femmes dans un contexte social plus large L'égalité des sexes, inscrite dans l'ODD 5, est souvent mesurée par l'existence d'un cadre juridique pour promouvoir, faire respecter et contrôler l'application des principes de non-discrimination fondée sur le sexe ». Depuis que le premier cas de Covid-19 a été déclaré au Bénin le 16 mars 2020, le centre géré par Dre Babio a enregistré 117 patients atteints de coronavirus avec 96 cas guéris et 5 toujours sous traitement. Au niveau national, le pays a enregistré cas confirmés à la fin de février 2021, dont guéris, en cours de traitement et 70 décès. Sous la direction du Coordinateur résident de l’ONU, toutes les agences résidentes de l’ONU au Bénin et d'autres entités ont consacré des efforts considérables à la lutte contre la Covid-19, offrant au gouvernement un large éventail de soutiens, y compris le matériel essentiel, l'équipement médical, les finances, le renfort psychologique et la formation, la réalisation de l’étude d’impacts socio-économiques pour aider au relèvement post Covid-19. Ces aides du système des Nations Unies au Bénin ont également été directement fournies à tous les centres de traitement du Coronavirus, dont celui de la Dre Babio à Parakou. Ainsi, et avec son expérience et son enthousiasme, elle assure la gestion quotidienne du centre, le suivi des traitements, la prise en charge des cas compliqués et les soins, sans relâche. Dre Babio, motivée, va toujours de l’avant. Quel plaisir de voir nos patients guérir. Je me sens réconfortée quand ils expriment leur reconnaissance pour notre soutien. Oui, nous sauvons des vies humaines », a-t-elle déclaré avec détermination. Sa compétence est reconnue par ses pairs et ses patients. Je tire mon chapeau à cette équipe très dynamique sous la direction d'une femme rigoureuse et méthodique », s’exclame Hermine Fatoumbi, une patiente juste guérie de la Covid-19, en leur rendant hommage. Un article produit par Yézaël Adoukonou ONU Bénin
Tutrouveras ici une liste d' expressions québécoises illustrées. Bien souvent, ces expressions sont à prendre au sens figuré : parfois poétiques, parfois illustrées, parfois exagérées Ces expressions québécoises feront sourire bien des francophones non initiés au français québécois. Découvre la signification et l'histoire de
Dans ce cours nous vous proposons comment Ă©crire un conte ? on va donner des outils des expressions Qu'est ce qu'un conte ? DĂ©finition le conte le conte dĂ©signe Ă la fois un rĂ©cit de faits ou d'aventures imaginaires et le genre littĂ©raire qui relate les dits rĂ©cits. Le conte, en tant que rĂ©cit, peut ĂŞtre court mais aussi long. Qu'il vise Ă distraire ou Ă Ă©difier, il porte en lui une force Ă©motionnelle ou philosophique puissante. WikipĂ©dia Les Ă©tapes pour Ă©crire un conte La situation initiale c'est le dĂ©cor dans lequel les personnages ont toujours Ă©voluĂ©, leur quotidien, vide d'action et de pĂ©ripĂ©ties. L'Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur quelque chose perturbe l'Ă©quilibre et oblige le ou les hĂ©ros Ă sortir de leur routine et partir Ă l'aventure. Les pĂ©ripĂ©ties une sĂ©rie d'Ă©preuves que va devoir passer le ou les hĂ©ros. Le personnage principal rencontre les mĂ©diateurs et des ennemis les uns l'aident tandis que les autres cherchent Ă le faire Ă©chouer. La chute c'est le climat de l'histoire; le hĂ©ros affronte la dernière Ă©preuve et est sur le point de rĂ©ussir. La situation finale le retour au calme et le nouvel Ă©quilibre. Essayez de rendre la fin heureuse pour les enfants. les types de conte Le conte fantastique Le conte fantastique campe ses personnages dans un univers rĂ©aliste dans lequel survient un Ă©vĂ©nement insolite, inexplicable et irrationnel. Le conte merveilleux Le conte merveilleux, aussi appelĂ© le conte de fĂ©es, prĂ©sente un univers invraisemblable. Par exemple, le conteur proposera des animaux fabuleux tels les dragons et les licornes qui seront douĂ©s de parole. Le conte philosophique Au XVIIe siècle, le conte devient une arme de contestation pour les philosophes. Voltaire avec Zadig, et Candide, donne les modèles du genre. Le nom de contes philosophiques traduit clairement la double nature de ces rĂ©cits. Au conte, ils empruntent leur forme brève, les pĂ©ripĂ©ties, l’univers merveilleux l'EldoÂrado dans Candide. Mais l’esprit philosophique y est constamment Ă l’œuvre les traditions sont remises en cause, le pouvoir est contestĂ©, les injustices et les abus sont dĂ©noncĂ©s la cupiditĂ© des juges dans Zadig. C’est en utiÂlisant les caractères des contes, mais en les dĂ©tournant par divers procĂ©dĂ©s de dĂ©calage comme l’Ironie ou l’exagĂ©ration, que les philoÂsophes combattent en faveur des IdĂ©es nouvelles. Par exemple, dans Zadig, le thème traditionnel du hĂ©ros douĂ© de pouvoirs magiques et quelque peu sorcier se transforme en Ă©loge de l’esprit rationÂnel et scientifique. CaractĂ©ristiques du conte Le conte prĂ©sente plusieurs caractĂ©ristiques qui le diffĂ©rencient des autres genres narratifs - Fiction bien qu'il puisse s'inspirer de faits rĂ©els, un conte doit, pour fonctionner en tant que tel, se distancier de la rĂ©alitĂ©. - Trame le conte possède une structure de faits entrelacĂ©s action-consĂ©quences organisĂ©e en trois parties introduction- nĹ“ud -dĂ©nouement. - Une seule ligne de narration contrairement Ă ce qui se passe gĂ©nĂ©ralement dans le roman; dans le conte, tous les faits s'enchaĂ®nent en une seule succession de faits. - Structure centripète tous les Ă©lĂ©ments qui sont mentionnĂ©s dans la narration du conte sont liĂ©s et fonctionnent comme des indices de la trame. - Personnage principal bien qu'il puisse y avoir d'autres personnages, l'histoire parle de l'un d'eux en particulier celui qui est concernĂ© par les faits. - UnitĂ© d'effet Le conte partage cette caractĂ©ristique avec la poĂ©sie. Il est Ă©crit pour ĂŞtre lu du dĂ©but Ă la fin. Si on interrompt la lecture, il est fort probable que l'effet narratif se perdra. La structure du roman, au contraire, permet de le lire par morceaux. - Prose Le format des contes modernes Ă partir de l'apparition de l'Ă©criture est gĂ©nĂ©ralement la prose. - BrièvetĂ© pour pouvoir remplir toutes ces conditions, le conte doit ĂŞtre bref. Je retiens Le conte peut ĂŞtre soit oral, soit Ă©crit. Il commence souvent par "Il Ă©tait une fois" ou "En ce temps-lĂ ". La narration se fait toujours au passĂ©. La plupart du temps, le conte finit bien. Il arrive que le conte se termine mal comme le Petit Chaperon rouge.
Bonjourà tous, je cherche une ancienne amie à ma mère pour lui faire une surprise. S'IL VOUS PLAÎT. Je cherche Ehret (nom de jeune fille) Marianne. La dernière fois que ma mère lui a envoyé une lettre était dans les années 1990 à 1997 je pense. J'ai vraiment envie de la trouver
Le reproche en un sens le plus honorable que l’on puisse faire à un homme, c’est de lui dire qu’il ne sait pas la cour il n’y a sorte de vertus qu’on ne rassemble en lui par ce seul mot. 2 I Un homme qui sait la cour est maître de son geste, de ses yeux et de son visage ; il est profond, impénétrable ; il dissimule les mauvais offices, sourit à ses ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments. Tout ce grand raffinement n’est qu’un vice, que l’on appelle fausseté, quelquefois aussi inutile au courtisan pour sa fortune, que la franchise, la sincérité et la vertu. 3 IV Qui peut nommer de certaines couleurs changeantes, et qui sont diverses selon les divers jours dont on les regarde ? de même, qui peut définir la cour ? 4 IV Se dérober à la cour un seul moment, c’est y renoncer le courtisan qui l’a vue le matin la voit le soir pour la reconnaître le lendemain, ou afin que lui-même y soit connu. 5 IV L’on est petit à la cour, et quelque vanité que l’on ait, on s’y trouve tel ; mais le mal est commun, et les grands mêmes y sont petits. 6 I La province est l’endroit d’où la cour, comme dans son point de vue, paraît une chose admirable si l’on s’en approche, ses agréments diminuent, comme ceux d’une perspective que l’on voit de trop près. 7 I L’on s’accoutume difficilement à une vie qui se passe dans une antichambre, dans des cours, ou sur l’escalier. 8 VII La cour ne rend pas content ; elle empêche qu’on ne le soit ailleurs. 9 I Il faut qu’un honnête homme ait tâté de la cour il découvre en y entrant comme un nouveau monde qui lui était inconnu, où il voit régner également le vice et la politesse, et où tout lui est utile, le bon et le mauvais. I0 VI La cour est comme un édifice bâti de marbre je veux dire qu’elle est composée d’hommes fort durs, mais fort polis. II I L’on va quelquefois à la cour pour en revenir, et se faire par là respecter du noble de sa province, ou de son diocésain. I2 I Le brodeur et le confiseur seraient superflus, et ne feraient qu’une montre inutile, si l’on était modeste et sobre les cours seraient désertes, et les rois presque seuls, si l’on était guéri de la vanité et de l’intérêt. Les hommes veulent être esclaves quelque part, et puiser là de quoi dominer ailleurs. Il semble qu’on livre en gros aux premiers de la cour l’air de hauteur, de fierté et de commandement, afin qu’ils le distribuent en détail dans les provinces ils font précisément comme on leur fait, vrais singes de la royauté. I3 I Il n’y a rien qui enlaidisse certains courtisans comme la présence du prince à peine les puis-je reconnaître à leurs visages ; leurs traits sont altérés, et leur contenance est avilie. Les gens fiers et superbes sont les plus défaits, car ils perdent plus du leur ; celui qui est honnête et modeste s’y soutient mieux il n’a rien à réformer. I4 I L’air de cour est contagieux il se prend à V**, comme l’accent normand à Rouen ou à Falaise ; on l’entrevoit en des fourriers, en de petits contrôleurs, et en des chefs de fruiterie l’on peut avec une portée d’esprit fort médiocre y faire de grands progrès. Un homme d’un génie élevé et d’un mérite solide ne fait pas assez de cas de cette espèce de talent pour faire son capital de l’étudier et se le rendre propre ; il l’acquiert sans réflexion, et il ne pense point à s’en défaire. I5 IV N** arrive avec grand bruit ; il écarte le monde, se fait faire place ; il gratte, il heurte presque ; il se nomme on respire, et il n’entre qu’avec la foule. I6 I Il y a dans les cours des apparitions de gens aventuriers et hardis, d’un caractère libre et familier, qui se produisent eux-mêmes, protestent qu’ils ont dans leur art toute l’habileté qui manque aux autres, et qui sont crus sur leur parole. Ils profitent cependant de l’erreur publique, ou de l’amour qu’ont les hommes pour la nouveauté ils percent la foule, et parviennent jusqu’à l’oreille du prince, à qui le courtisan les voit parler, pendant qu’il se trouve heureux d’en être vu. Ils ont cela de commode pour les grands qu’ils en sont soufferts sans conséquence, et congédiés de même alors ils disparaissent tout à la fois riches et décrédités, et le monde qu’ils viennent de tromper est encore prêt d’être trompé par d’autres. I7 IV Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules, et qui se rengorgent comme une femme ils vous interrogent sans vous regarder ; ils parlent d’un ton élevé, et qui marque qu’ils se sentent au-dessus de ceux qui se trouvent présents ; ils s’arrêtent, et on les entoure ; ils ont la parole, président au cercle, et persistent dans cette hauteur ridicule et contrefaite, jusqu’à ce qu’il survienne un grand, qui, la faisant tomber tout d’un coup par sa présence, les réduise à leur naturel, qui est moins mauvais. I8 IV Les cours ne sauraient se passer d’une certaine espèce de courtisans, hommes flatteurs, complaisants, insinuants, dévoués aux femmes, dont ils ménagent les plaisirs, étudient les faibles et flattent toutes les passions ils leur soufflent à l’oreille des grossièretés, leur parlent de leurs maris et de leurs amants dans les termes convenables, devinent leurs chagrins, leurs maladies, et fixent leurs couches ; ils font les modes, raffinent sur le luxe et sur la dépense, et apprennent à ce sexe de prompts moyens de consumer de grandes sommes en habits, en meubles et en équipages ; ils ont eux-mêmes des habits où brillent l’invention et la richesse, et ils n’habitent d’anciens palais qu’après les avoir renouvelés et embellis ; ils mangent délicatement et avec réflexion ; il n’y a sorte de volupté qu’ils n’essayent, et dont ils ne puissent rendre compte. Ils doivent à eux-mêmes leur fortune, et ils la soutiennent avec la même adresse qu’ils l’ont élevée. Dédaigneux et fiers, ils n’abordent plus leurs pareils, ils ne les saluent plus ; ils parlent où tous les autres se taisent, entrent, pénètrent en des endroits et à des heures où les grands n’osent se faire voir ceux-ci, avec de longs services, bien des plaies sur le corps, de beaux emplois ou de grandes dignités, ne montrent pas un visage si assuré, ni une contenance si libre. Ces gens ont l’oreille des plus grands princes, sont de tous leurs plaisirs et de toutes leurs fêtes, ne sortent pas du Louvre ou du Château, où ils marchent et agissent comme chez eux et dans leur domestique, semblent se multiplier en mille endroits, et sont toujours les premiers visages qui frappent les nouveaux venus à une cour ; ils embrassent, ils sont embrassés ; ils rient, ils éclatent, ils sont plaisants, ils font des contes personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent, et qui sont sans conséquence. I9 V Ne croirait-on pas de Cimon et de Clitandre qu’ils sont seuls chargés des détails de tout l’Etat, et que seuls aussi ils en doivent répondre ? L’un a du moins les affaires de terre, et l’autre les maritimes. Qui pourrait les représenter exprimerait l’empressement, l’inquiétude, la curiosité, l’activité, saurait peindre le mouvement. On ne les a jamais vus assis, jamais fixes et arrêtés qui même les a vus marcher ? on les voit courir, parler en courant, et vous interroger sans attendre de réponse. Ils ne viennent d’aucun endroit, ils ne vont nulle part ils passent et ils repassent. Ne les retardez pas dans leur course précipitée, vous démonteriez leur machine ; ne leur faites pas de questions, ou donnez-leur du moins le temps de respirer et de se ressouvenir qu’ils n’ont nulle affaire, qu’ils peuvent demeurer avec vous et longtemps, vous suivre même où il vous plaira de les emmener. Ils ne sont pas les Satellites de Jupiter, je veux dire ceux qui pressent et qui entourent le prince, mais ils l’annoncent et le précèdent ; ils se lancent impétueusement dans la foule des courtisans ; tout ce qui se trouve sur leur passage est en péril. Leur profession est d’être vus et revus, et ils ne se couchent jamais sans s’être acquittés d’un emploi si sérieux, et si utile à la république. Ils sont au reste instruits à fond de toutes les nouvelles indifférentes, et ils savent à la cour tout ce que l’on peut y ignorer ; il ne leur manque aucun des talents nécessaires pour s’avancer médiocrement. Gens néanmoins éveillés et alertes sur tout ce qu’ils croient leur convenir, un peu entreprenants, légers et précipités. Le dirai-je ? ils portent au vent, attelés tous deux au char de la Fortune, et tous deux fort éloignés de s’y voir assis. 20 IV Un homme de la cour qui n’a pas un assez beau nom, doit l’ensevelir sous un meilleur ; mais s’il l’a tel qu’il ose le porter, il doit alors insinuer qu’il est de tous les noms le plus illustre, comme sa maison de toutes les maisons la plus ancienne il doit tenir aux Princes Lorrains, aux Rohans, aux Chastillons, aux Montmorencis, et, s’il se peut, aux Princes Du Sang ; ne parler que de ducs, de cardinaux et de ministres ; faire entrer dans toutes les conversations ses aïeuls paternels et maternels, et y trouver place pour l’oriflamme et pour les croisades ; avoir des salles parées d’arbres généalogiques, d’écussons chargés de seize quartiers, et de tableaux de ses ancêtres et des alliés de ses ancêtres ; se piquer d’avoir un ancien château à tourelles, à créneaux et à mâchecoulis ; dire en toute rencontre ma race, ma branche, mon nom et mes armes ; dire de celui-ci qu’il n’est pas homme de qualité ; de celle-là , qu’elle n’est pas demoiselle ; ou si on lui dit qu’Hyacinthe a eu le gros lot, demander s’il est gentilhomme. Quelques-uns riront de ces contre-temps, mais il les laissera rire ; d’autres en feront des contes, et il leur permettra de conter il dira toujours qu’il marche après la maison régnante ; et à force de le dire, il sera cru. 2I IV C’est une grande simplicité que d’apporter à la cour la moindre roture, et de n’y être pas gentilhomme. 22 VI L’on se couche à la cour et l’on se lève sur l’intérêt ; c’est ce que l’on digère le matin et le soir, le jour et la nuit ; c’est ce qui fait que l’on pense, que l’on parle, que l’on se tait, que l’on agit ; c’est dans cet esprit qu’on aborde les uns et qu’on néglige les autres, que l’on monte et que l’on descend ; c’est sur cette règle que l’on mesure ses soins, ses complaisances, son estime, son indifférence, son mépris. Quelques pas que quelques-uns fassent par vertu vers la modération et la sagesse, un premier mobile d’ambition les emmène avec les plus avares, les plus violents dans leurs désirs et les plus ambitieux quel moyen de demeurer immobile où tout marche, où tout se remue, et de ne pas courir où les autres courent ? On croit même être responsable à soi-même de son élévation et de sa fortune celui qui ne l’a point faite à la cour est censé ne l’avoir pas dû faire, on n’en appelle pas. Cependant s’en éloignera-t-on avant d’en avoir tiré le moindre fruit, ou persistera-t-on à y demeurer sans grâces et sans récompenses ? question si épineuse, si embarrassée, et d’une si pénible décision, qu’un nombre infini de courtisans vieillissent sur le oui et sur le non, et meurent dans le doute. 23 VI Il n’y a rien à la cour de si méprisable et de si indigne qu’un homme qui ne peut contribuer en rien à notre fortune je m’étonne qu’il ose se montrer. 24 IV Celui qui voit loin derrière soi un homme de son temps et de sa condition, avec qui il est venu à la cour la première fois, s’il croit avoir une raison solide d’être prévenu de son propre mérite et s’estimer davantage que cet autre qui est demeuré en chemin, ne se souvient plus de ce qu’avant sa faveur il pensait de soi-même et de ceux qui l’avaient devancé. 25 I C’est beaucoup tirer de notre ami, si, ayant monté à une grande faveur, il est encore un homme de notre connaissance. 26 IV Si celui qui est en faveur ose s’en prévaloir avant qu’elle lui échappe, s’il se sert d’un bon vent qui souffle pour faire son chemin, s’il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, poste, abbaye, pour les demander et les obtenir, et qu’il soit muni de pensions, de brevets et de survivances, vous lui reprochez son avidité et son ambition ; vous dites que tout le tente, que tout lui est propre, aux siens, à ses créatures, et que par le nombre et la diversité des grâces dont il se trouve comblé, lui seul a fait plusieurs fortunes. Cependant qu’a-t-il dû faire ? Si j’en juge moins par vos discours que par le parti que vous auriez pris vous-même en pareille situation, c’est qu’il a fait. L’on blâme les gens qui font une grande fortune pendant qu’ils en ont les occasions, parce que l’on désespère, par la médiocrité de la sienne, d’être jamais en état de faire comme eux, et de s’attirer ce reproche. Si l’on était à portée de leur succéder, l’on commencerait à sentir qu’ils ont moins de tort, et l’on serait plus retenu, de peur de prononcer d’avance sa condamnation. 27 IV Il ne faut rien exagérer, ni dire des cours le mal qui n’y est point l’on n’y attente rien de pis contre le vrai mérite que de le laisser quelquefois sans récompense ; on ne l’y méprise pas toujours, quand on a pu une fois le discerner ; on l’oublie, et c’est là où l’on sait parfaitement ne faire rien, ou faire très peu de chose, pour ceux que l’on estime beaucoup. 28 V Il est difficile à la cour que de toutes les pièces que l’on emploie à l’édifice de sa fortune, il n’y en ait quelqu’une qui porte à faux l’un de mes amis qui a promis de parler ne parle point ; l’autre parle mollement ; il échappe à un troisième de parler contre mes intérêts et contre ses intentions ; à celui-là manque la bonne volonté, à celui-ci l’habileté et la prudence ; tous n’ont pas assez de plaisir à me voir heureux pour contribuer de tout leur pouvoir à me rendre tel. Chacun se souvient assez de tout ce que son établissement lui a coûté à faire, ainsi que des secours qui lui en ont frayé le chemin ; on serait même assez porté à justifier les services qu’on a reçus des uns par ceux qu’en de pareils besoins on rendrait aux autres, si le premier et l’unique soin qu’on a après sa fortune faite n’était pas de songer à soi. 29 VII Les courtisans n’emploient pas ce qu’ils ont d’esprit, d’adresse et de finesse pour trouver les expédients d’obliger ceux de leurs amis qui implorent leur secours, mais seulement pour leur trouver des raisons apparentes, de spécieux prétextes, ou ce qu’ils appellent une impossibilité de le pouvoir faire ; et ils se persuadent d’être quittes par là en leur endroit de tous les devoirs de l’amitié ou de la reconnaissance. VI Personne à la cour ne veut entamer ; on s’offre d’appuyer, parce que, jugeant des autres par soi-même, on espère que nul n’entamera, et qu’on sera ainsi dispensé d’appuyer c’est une manière douce et polie de refuser son crédit, ses offices et sa médiation à qui en a besoin. 30 I Combien de gens vous étouffent de caresses dans le particulier, vous aiment et vous estiment, qui sont embarrassés de vous dans le public, et qui, au lever ou à la messe, évitent vos yeux et votre rencontre ! Il n’y a qu’un petit nombre de courtisans qui, par grandeur, ou par une confiance qu’ils ont d’eux-mêmes, osent honorer devant le monde le mérite qui est seul et dénué de grands établissements. 3I IV Je vois un homme entouré et suivi ; mais il est en place. J’en vois un autre que tout le monde aborde ; mais il est en faveur. Celui-ci est embrassé et caressé, même des grands ; mais il est riche. Celui-là est regardé de tous avec curiosité, on le montre du doigt ; mais il est savant et éloquent. J’en découvre un que personne n’oublie de saluer ; mais il est méchant. Je veux un homme qui soit bon, qui ne soit rien davantage, et qui soit recherché. 32 V Vient-on de placer quelqu’un dans un nouveau poste, c’est un débordement de louanges en sa faveur, qui inonde les cours et la chapelle, qui gagne l’escalier, les salles, la galerie, tout l’appartement on en a au-dessus des yeux, on n’y tient pas. Il n’y a pas deux voix différentes sur ce personnage ; l’envie, la jalousie parlent comme l’adulation ; tous se laissent entraîner au torrent qui les emporte, qui les force de dire d’un homme ce qu’ils en pensent ou ce qu’ils n’en pensent pas, comme de louer souvent celui qu’ils ne connaissent point. L’homme d’esprit, de mérite ou de valeur devient en un instant un génie du premier ordre, un héros, un demi-dieu. Il est si prodigieusement flatté dans toutes les peintures que l’on fait de lui, qu’il paraît difforme près de ses portraits ; il lui est impossible d’arriver jamais jusqu’où la bassesse et la complaisance viennent de le porter il rougit de sa propre réputation. Commence-t-il à chanceler dans ce poste où on l’avait mis, tout le monde passe facilement à un autre avis ; en est-il entièrement déchu, les machines qui l’avaient guindé si haut par l’applaudissement et les éloges sont encore toutes dressées pour le faire tomber dans le dernier mépris je veux dire qu’il n’y en a point qui le dédaignent mieux, qui le blâment plus aigrement, et qui en disent plus de mal, que ceux qui s’étaient comme dévoués à la fureur d’en dire du bien. 33 VII Je crois pouvoir dire d’un poste éminent et délicat qu’on y monte plus aisément qu’on ne s’y conserve. 34 VII L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par les mêmes défauts qui les y avaient fait monter. 35 VIII Il y a dans les cours deux manières de ce que l’on appelle congédier son monde ou se défaire des gens se fâcher contre eux, ou faire si bien qu’ils se fâchent contre vous et s’en dégoûtent. 36 IV L’on dit à la cour du bien de quelqu’un pour deux raisons la première, afin qu’il apprenne que nous disons du bien de lui ; la seconde, afin qu’il en dise de nous. 37 I Il est aussi dangereux à la cour de faire les avances, qu’il est embarrassant de ne les point faire. 38 I Il y a des gens à qui ne connaître point le nom et le visage d’un homme est un titre pour en rire et le mépriser. Ils demandent qui est cet homme ; ce n’est ni Rousseau, ni un Fabry, ni la Couture ils ne pourraient le méconnaître. 39 I L’on me dit tant de mal de cet homme, et j’y en vois si peu, que je commence à soupçonner qu’il n’ait un mérite importun qui éteigne celui des autres. 40 I Vous êtes homme de bien, vous ne songez ni à plaire ni à déplaire aux favoris, uniquement attaché à votre maître et à votre devoir vous êtes perdu. 4I IV On n’est point effronté par choix, mais par complexion ; c’est un vice de l’être, mais naturel celui qui n’est pas né tel est modeste, et ne passe pas aisément de cette extrémité à l’autre ; c’est une leçon assez inutile que de lui dire Soyez effronté, et vous réussirez » ; une mauvaise imitation ne lui profiterait pas, et le ferait échouer. Il ne faut rien de moins dans les cours qu’une vraie et naïve impudence pour réussir. 42 IV On cherche, on s’empresse, on brigue, on se tourmente, on demande, on est refusé, on demande et on obtient ; mais, dit-on, sans l’avoir demandé, et dans le temps que l’on n’y pensait pas, et que l’on songeait même à toute autre chose » vieux style, menterie innocente, et qui ne trompe personne. 43 V On fait sa brigue pour parvenir à un grand poste, on prépare toutes ses machines, toutes les mesures sont bien prises, et l’on doit être servi selon ses souhaits ; les uns doivent entamer, les autres appuyer ; l’amorce est déjà conduite, et la mine prête à jouer alors on s’éloigne de la cour. Qui oserait soupçonner d’Artémon qu’il ait pensé à se mettre dans une si belle place, lorsqu’on le tire de sa terre ou de son gouvernement pour l’y faire asseoir ? Artifice grossier, finesses usées, et dont le courtisan s’est servi tant de fois, que, si je voulais donner le change à tout le public et lui dérober mon ambition, je me trouverais sous l’œil et sous la main du prince, pour recevoir de lui la grâce que j’aurais recherchée avec le plus d’emportement. 44 V Les hommes ne veulent pas que l’on découvre les vues qu’ils ont sur leur fortune, ni que l’on pénètre qu’ils pensent à une telle dignité, parce que, s’ils ne l’obtiennent point, il y a de la honte, se persuadent-ils, à être refusés ; et s’ils y parviennent, il y a plus de gloire pour eux d’en être crus dignes par celui qui la leur accorde, que de s’en juger dignes eux-mêmes par leurs brigues et par leurs câbales ils se trouvent parés tout à la fois de leur dignité et de leur modestie. Quelle plus grande honte y a-t-il d’être refusé d’un poste que l’on mérite, ou d’y être placé sans le mériter ? Quelques grandes difficultés qu’il y ait à se placer à la cour, il est encore plus âpre et plus difficile de se rendre digne d’être placé. Il coûte moins à faire dire de soi Pourquoi a-t-il obtenu ce poste ? » qu’à faire demander Pourquoi ne l’a-t-il pas obtenu ? » L’on se présente encore pour les charges de ville, l’on postule une place dans l’Académie française, l’on demandait le consulat quelle moindre raison y aurait-il de travailler les premières années de sa vie à se rendre capable d’un grand emploi, et de demander ensuite, sans nul mystère et sans nulle intrigue, mais ouvertement et avec confiance, d’y servir sa patrie, son prince, la république ? 45 IV Je ne vois aucun courtisan à qui le prince vienne d’accorder un bon gouvernement, une place éminente ou une forte pension, qui n’assure par vanité, ou pour marquer son désintéressement, qu’il est bien moins content du don que de la manière dont il lui a été fait. Ce qu’il y a en cela de sûr et d’indubitable, c’est qu’il le dit ainsi. C’est rusticité que de donner de mauvaise grâce le plus fort et le plus pénible est de donner ; que coûte-t-il d’y ajouter un sourire ? Il faut avouer néanmoins qu’il s’est trouvé des hommes qui refusaient plus honnêtement que d’autres ne savaient donner ; qu’on a dit de quelques-uns qu’ils se faisaient si longtemps prier, qu’ils donnaient si sèchement, et chargeaient une grâce qu’on leur arrachait de conditions si désagréables, qu’une plus grande grâce était d’obtenir d’eux d’être dispensés de rien recevoir. 46 IV L’on remarque dans les cours des hommes avides qui se revêtent de toutes les conditions pour en avoir les avantages gouvernement, charge, bénéfice, tout leur convient ; ils se sont si bien ajustés, que par leur état ils deviennent capables de toutes les grâces ; ils sont amphibies, ils vivent de l’Eglise et de l’épée, et auront le secret d’y joindre la robe. Si vous demandez Que font ces gens à la cour ? » ils reçoivent, et envient tous ceux à qui l’on donne. 47 VIII Mille gens à la cour y traînent leur vie à embrasser, serrer et congratuler ceux qui reçoivent, jusqu’à ce qu’ils y meurent sans rien avoir. 48 VI Ménophile emprunte ses mœurs d’une profession, et d’une autre son habit ; il masque toute l’année, quoique à visage découvert ; il paraît à la cour, à la ville, ailleurs, toujours sous un certain nom et sous le même déguisement. On le reconnaît et on sait quel il est à son visage. 49 VI Il y a pour arriver aux dignités ce qu’on appelle ou la grande voie ou le chemin battu ; il y a le chemin détourné ou de traverse, qui est le plus court. 50 V L’on court les malheureux pour les envisager ; l’on se range en haie, ou l’on se place aux fenêtres, pour observer les traits et la contenance d’un homme qui est condamné, et qui sait qu’il va mourir vaine, maligne, inhumaine curiosité ; si les hommes étaient sages, la place publique serait abandonnée, et il serait établi qu’il y aurait de l’ignominie seulement à voir de tels spectacles. Si vous êtes si touchés de curiosité, exercez-la du moins en un sujet noble voyez un heureux, contemplez-le dans le jour même où il a été nommé à un nouveau poste, et qu’il en reçoit les compliments ; lisez dans ses yeux, et au travers d’un calme étudié et d’une feinte modestie, combien il est content et pénétré de soi-même ; voyez quelle sérénité cet accomplissement de ses désirs répand dans son cœur et sur son visage, comme il ne songe plus qu’à vivre et à avoir de la santé, comme ensuite sa joie lui échappe et ne peut plus se dissimuler, comme il plie sous le poids de son bonheur, quel air froid et sérieux il conserve pour ceux qui ne sont plus ses égaux il ne leur répond pas, il ne les voit pas ; les embrassements et les caresses des grands, qu’il ne voit plus de si loin, achèvent de lui nuire ; il se déconcerte, il s’étourdit c’est une courte aliénation. Vous voulez être heureux, vous désirez des grâces ; que de choses pour vous à éviter ! 5I VI Un homme qui vient d’être placé ne se sert plus de sa raison et de son esprit pour régler sa conduite et ses dehors à l’égard des autres ; il emprunte sa règle de son poste et de son état de là l’oubli, la fierté, l’arrogance, la dureté, l’ingratitude. 52 VIII Théonas, abbé depuis trente ans, se lassait de l’être. On a moins d’ardeur et d’impatience de se voir habillé de pourpre, qu’il en avait de porter une croix d’or sur sa poitrine, et parce que les grandes fêtes se passaient toujours sans rien changer à sa fortune, il murmurait contre le temps présent, trouvait l’Etat mal gouverné, et n’en prédisait rien que de sinistre. Convenant en son cœur que le mérite est dangereux dans les cours à qui veut s’avancer, il avait enfin pris son parti, et renoncé à la prélature, lorsque quelqu’un accourt lui dire qu’il est nommé à un évêché. Rempli de joie et de confiance sur une nouvelle si peu attendue Vous verrez, dit-il, que je n’en demeurerai pas là , et qu’ils me feront archevêque. » 53 I Il faut des fripons à la cour auprès des grands et des ministres, même les mieux intentionnés ; mais l’usage en est délicat, et il faut savoir les mettre en œuvre. Il y a des temps et des occasions où ils ne peuvent être suppléés par d’autres. Honneur, vertu, conscience, qualités toujours respectables, souvent inutiles que voulez-vous quelquefois que l’on fasse d’un homme de bien ? 54 IV Un vieil auteur, et dont j’ose rapporter ici les propres termes, de peur d’en affaiblir le sens par ma traduction, dit que s’élongner des petits, voire de ses pareils, et iceulx vilainer et dépriser ; s’accointer de grands et puissans en tous biens et chevances, et en cette leur cointise et privauté estre de tous ébats, gabs, mommeries, et vilaines besoignes ; estre eshonté, saffranier et sans point de vergogne ; endurer brocards et gausseries de tous chacuns, sans pour ce feindre de cheminer en avant, et à tout son entregent, engendre heur et fortune. 55 IV Jeunesse du prince, source des belles fortunes. 56 IV Timante, toujours le même, et sans rien perdre de ce mérite qui lui a attiré la première fois de la réputation et des récompenses, ne laissait pas de dégénérer dans l’esprit des courtisans ils étaient las de l’estimer ; ils le saluaient froidement, ils ne lui souriaient plus, ils commençaient à ne le plus joindre, ils ne l’embrassaient plus, ils ne le tiraient plus à l’écart pour lui parler mystérieusement d’une chose indifférente, ils n’avaient plus rien à lui dire. Il lui fallait cette pension ou ce nouveau poste dont il vient d’être honoré pour faire revivre ses vertus à demi effacées de leur mémoire, et en rafraîchir l’idée ils lui font comme dans les commencements, et encore mieux. 57 V Que d’amis, que de parents naissent en une nuit au nouveau ministre ! Les uns font valoir leurs anciennes liaisons, leur société d’études, les droits du voisinage ; les autres feuillettent leur généalogie, remontent jusqu’à un trisaïeul, rappellent le côté paternel et le maternel ; l’on veut tenir à cet homme par quelque endroit, et l’on dit plusieurs fois le jour que l’on y tient ; on l’imprimerait volontiers C’est mon ami, et je suis fort aise de son élévation ; j’y dois prendre part, il m’est assez proche. Hommes vains et dévoués à la fortune, fades courtisans, parliez-vous ainsi il y a huit jours ? Est-il devenu, depuis ce temps, plus homme de bien, plus digne du choix que le prince en vient de faire ? Attendiez-vous cette circonstance pour le mieux connaître ? 58 V Ce qui me soutient et me rassure contre les petits dédains que j’essuie quelquefois des grands et de mes égaux, c’est que je me dis à moi-même Ces gens n’en veulent peut-être qu’à ma fortune, et ils ont raison elle est bien petite. Ils m’adoreraient sans doute si j’étais ministre. » Dois-je bientôt être en place ? le sait-il ? est-ce en lui un pressentiment ? il me prévient, il me salue. 59 VII Celui qui dit Je dînai hier à Tibur, ou J’y soupe ce soir, qui le répète, qui fait entrer dix fois le nom de Plancus dans les moindres conversations, qui dit Plancus me demandait… Je disais à Plancus…, celui-là même apprend dans ce moment que son héros vient d’être enlevé par une mort extraordinaire. Il part de la main, il rassemble le peuple dans les places ou sous les portiques, accuse le mort, décrie sa conduite, dénigre son consulat, lui ôte jusqu’à la science des détails que la voix publique lui accorde, ne lui passe point une mémoire heureuse, lui refuse l’éloge d’un homme sévère et laborieux, ne lui fait pas l’honneur de lui croire, parmi les ennemis de l’empire, un ennemi. 60 VI Un homme de mérite se donne, je crois, un joli spectacle, lorsque la même place à une assemblée, ou à un spectacle, dont il est refusé, il la voit accorder à un homme qui n’a point d’yeux pour voir, ni d’oreilles pour entendre, ni d’esprit pour connaître et pour juger, qui n’est recommandable que par de certaines livrées, que même il ne porte plus. 6I VII Théodote avec un habit austère a un visage comique, et d’un homme qui entre sur la scène ; sa voix, sa démarche, son geste, son attitude accompagnent son visage. Il est fin, cauteleux, doucereux, mystérieux ; il s’approche de vous, et il vous dit à l’oreille Voilà un beau temps ; voilà un grand dégel. S’il n’a pas les grandes manières, il a du moins toutes les petites, et celles même qui ne conviennent guère qu’à une jeune précieuse. Imaginez-vous l’application d’un enfant à élever un château de cartes ou à se saisir d’un papillon c’est celle de Théodote pour une affaire de rien, et qui ne mérite pas qu’on s’en remue ; il la traite sérieusement, et comme quelque chose qui est capital ; il agit, il s’empresse, il la fait réussir le voilà qui respire et qui se repose, et il a raison ; elle lui a coûté beaucoup de peine. L’on voit des gens enivrés, ensorcelés de la faveur ; ils y pensent le jour, ils y rêvent la nuit ; ils montent l’escalier d’un ministre, et ils en descendent ; ils sortent de son antichambre, et ils y rentrent ; ils n’ont rien à lui dire, et ils lui parlent ; ils lui parlent une seconde fois les voilà contents, ils lui ont parlé. Pressez-les, tordez-les, ils dégouttent l’orgueil, l’arrogance, la présomption ; vous leur adressez la parole, ils ne vous répondent point, ils ne vous connaissent point, ils ont les yeux égarés et l’esprit aliéné c’est à leurs parents à en prendre soin et à les renfermer, de peur que leur folie ne devienne fureur, et que le monde n’en souffre. Théodote a une plus douce manie il aime la faveur éperdument, mais sa passion a moins d’éclat ; il lui fait des vœux en secret, il la cultive, il la sert mystérieusement ; il est au guet et à la découverte sur tout ce qui paraît de nouveau avec les livrées de la faveur ont-ils une prétention, il s’offre à eux, il s’intrigue pour eux, il leur sacrifie sourdement mérite, alliance, amitié, engagement, reconnaissance. Si la place d’un Cassini devenait vacante, et que le suisse ou le postillon du favori s’avisât de la demander, il appuierait sa demande, il le jugerait digne de cette place, il le trouverait capable d’observer et de calculer, de parler de parélies et de parallaxes. Si vous demandiez de Théodote s’il est auteur ou plagiaire, original ou copiste, je vous donnerais ses ouvrages, et je vous dirais Lisez et jugez. » Mais s’il est dévot ou courtisan, qui pourrait le décider sur le portrait que j’en viens de faire ? Je prononcerais plus hardiment sur son étoile. Oui, Théodote, j’ai observé le point de votre naissance ; vous serez placé, et bientôt ; ne veillez plus, n’imprimez plus le public vous demande quartier. 62 VIII N’espérez plus de candeur, de franchise, d’équité, de bons offices, de services, de bienveillance, de générosité, de fermeté dans un homme qui s’est depuis quelque temps livré à la cour, et qui secrètement veut sa fortune. Le reconnaissez-vous à son visage, à ses entretiens ? Il ne nomme plus chaque chose par son nom ; il n’y a plus pour lui de fripons, de fourbes, de sots et d’impertinents celui dont il lui échapperait de dire ce qu’il en pense, est celui-là même qui, venant à le savoir, l’empêcherait de cheminer ; pensant mal de tout le monde, il n’en dit de personne ; ne voulant du bien qu’à lui seul, il veut persuader qu’il en veut à tous, afin que tous lui en fassent, ou que nul du moins lui soit contraire. Non content de n’être pas sincère, il ne souffre pas que personne le soit ; la vérité blesse son oreille il est froid et indifférent sur les observations que l’on fait sur la cour et sur le courtisan ; et parce qu’il les a entendues, il s’en croit complice et responsable. Tyran de la société et martyr de son ambition, il a une triste circonspection dans sa conduite et dans ses discours, une raillerie innocente, mais froide et contrainte, un ris forcé, des caresses contrefaites, une conversation interrompue et des distractions fréquentes. Il a une profusion, le dirai-je ? des torrents de louanges pour ce qu’a fait ou ce qu’a dit un homme placé et qui est en faveur, et pour tout autre une sécheresse de pulmonique ; il a des formules de compliments différents pour l’entrée et pour la sortie à l’égard de ceux qu’il visite ou dont il est visité ; et il n’y a personne de ceux qui se payent de mines et de façons de parler qui ne sorte d’avec lui fort satisfait. Il vise également à se faire des patrons et des créatures ; il est médiateur, confident, entremetteur il veut gouverner. Il a une ferveur de novice pour toutes les petites pratiques de cour ; il sait où il faut se placer pour être vu ; il sait vous embrasser, prendre part à votre joie, vous faire coup sur coup des questions empressées sur votre santé, sur vos affaires ; et pendant que vous lui répondez, il perd le fil de sa curiosité, vous interrompt, entame un autre sujet ; ou s’il survient quelqu’un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un compliment de condoléance il pleure d’un œil, et il rit de l’autre. Se formant quelquefois sur les ministres ou sur le favori, il parle en public de choses frivoles, du vent, de la gelée ; il se tait au contraire, et fait le mystérieux sur ce qu’il sait de plus important, et plus volontiers encore sur ce qu’il ne sait point. 63 I Il y a un pays où les joies sont visibles, mais fausses, et les chagrins cachés, mais réels. Qui croirait que l’empressement pour les spectacles, que les éclats et les applaudissements aux théâtres de Molière et d’Arlequin, les repas, la chasse, les ballets, les carrousels couvrissent tant d’inquiétudes, de soins et de divers intérêts, tant de craintes et d’espérances, des passions si vives et des affaires si sérieuses ? 64 IV La vie de la cour est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique il faut arranger ses pièces et ses batteries, avoir un dessein, le suivre, parer celui de son adversaire, hasarder quelquefois, et jouer de caprice ; et après toutes ses rêveries et toutes ses mesures, on est échec, quelquefois mat ; souvent, avec des pions qu’on ménage bien, on va à dame, et l’on gagne la partie le plus habile l’emporte, ou le plus heureux. 65 V Les roues, les ressorts, les mouvements sont cachés ; rien ne paraît d’une montre que son aiguille, qui insensiblement s’avance et achève son tour image du courtisan, d’autant plus parfaite qu’après avoir fait assez de chemin, il revient souvent au même point d’où il est parti. 66 I Les deux tiers de ma vie sont écoulés ; pourquoi tant m’inquiéter sur ce qui m’en reste ? La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les petitesses où je me surprends, ni les humiliations, ni les hontes que j’essuie ; trente années détruiront ces colosses de puissance qu’on ne voyait bien qu’à force de lever la tête ; nous disparaîtrons, moi qui suis si peu de chose, et ceux que je contemplais si avidement, et de qui j’espérais toute ma grandeur ; le meilleur de tous les biens, s’il y a des biens, c’est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine. » N a pensé cela dans sa disgrâce, et l’a oublié dans la prospérité 67 I Un noble, s’il vit chez lui dans sa province, il vit libre, mais sans appui ; s’il vit à la cour, il est protégé, mais il est esclave cela se compense. 68 IV Xantippe au fond de sa province, sous un vieux toit et dans un mauvais lit, a rêvé pendant la nuit qu’il voyait le prince, qu’il lui parlait, et qu’il en ressentait une extrême joie ; il a été triste à son réveil ; il a conté son songe, et il a dit Quelles chimères ne tombent point dans l’esprit des hommes pendant qu’ils dorment ! » Xantippe a continué de vivre ; il est venu à la cour, il a vu le prince, il lui a parlé ; et il a été plus loin que son songe, il est favori. 69 I Qui est plus esclave qu’un courtisan assidu, si ce n’est un courtisan plus assidu ? 70 I L’esclave n’a qu’un maître ; l’ambitieux en a autant qu’il y a de gens utiles à sa fortune. 7I I Mille gens à peine connus font la foule au lever pour être vus du prince, qui n’en saurait voir mille à la fois ; et s’il ne voit aujourd’hui que ceux qu’il vit hier et qu’il verra demain, combien de malheureux ! 72 I De tous ceux qui s’empressent auprès des grands et qui leur font la cour, un petit nombre les honore dans le cœur, un grand nombre les recherche par des vues d’ambition et d’intérêt, un plus grand nombre par une ridicule vanité, ou par une sotte impatience de se faire voir. 73 VII Il y a de certaines familles qui, par les lois du monde ou ce qu’on appelle de la bienséance, doivent être irréconciliables. Les voilà réunies ; et où la religion a échoué quand elle a voulu l’entreprendre, l’intérêt s’en joue, et le fait sans peine. 74 I L’on parle d’une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l’on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s’enivre que de vin l’usage trop fréquent qu’ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes ; il ne manque à leur débauche que de boire de l’eau-forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu’elles croient servir à les rendre belles leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu’elles étalent avec leur gorge, leurs bras et leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher l’endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n’est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu’ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête il descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu’on ne connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d’ailleurs ont leur Dieu et leur roi les grands de la nation s’assemblent tous les jours, à une certaine heure, dans un temple qu’ils nomment église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des mystères qu’ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l’on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l’esprit et tout le cœur appliqués. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment *** ; il est à quelques quarante-huit degrés d’élévation du pôle, et à plus d’onze cents lieues de mer des Iroquois et des Hurons. 75 I Qui considérera que le visage du prince fait toute la félicité du courtisan, qu’il s’occupe et se remplit pendant toute sa vie de le voir et d’en être vu, comprendra un peu comment voir Dieu peut faire toute la gloire et tout le bonheur des saints. 76 IV Les grands seigneurs sont pleins d’égards pour les princes c’est leur affaire, ils ont des inférieurs. Les petits courtisans se relâchent sur ces devoirs, font les familiers, et vivent comme gens qui n’ont d’exemples à donner à personne. 77 IV Que manque-t-il de nos jours à la jeunesse ? Elle peut et elle sait ; ou du moins quand elle saurait autant qu’elle peut, elle ne serait pas plus décisive. 78 IV Faibles hommes ! Un grand dit de Timagène, votre ami, qu’il est un sot, et il se trompe. Je ne demande pas que vous répliquiez qu’il est homme d’esprit osez seulement penser qu’il n’est pas un sot. De même il prononce d’Iphicrate qu’il manque de cœur ; vous lui avez vu faire une belle action rassurez-vous, je vous dispense de la raconter, pourvu qu’après ce que vous venez d’entendre, vous vous souveniez encore de la lui avoir vu faire. 79 V Qui sait parler aux rois, c’est peut-être où se termine toute la prudence et toute la souplesse du courtisan. Une parole échappe, et elle tombe de l’oreille du prince bien avant dans sa mémoire, et quelquefois jusque dans son cœur il est impossible de la ravoir ; tous les soins que l’on prend et toute l’adresse dont on use pour l’expliquer ou pour l’affaiblir servent à la graver plus profondément et à l’enfoncer davantage. Si ce n’est que contre nous-mêmes que nous ayons parlé, outre que ce malheur n’est pas ordinaire, il y a encore un prompt remède, qui est de nous instruire par notre faute, et de souffrir la peine de notre légèreté ; mais si c’est contre quelque autre, quel abattement ! quel repentir ! Y a-t-il une règle plus utile contre un si dangereux inconvénient ; que de parler des autres au souverain, de leurs personnes, de leurs ouvrages, de leurs actions, de leurs mœurs ou de leur conduite, du moins avec l’attention, les précautions et les mesures dont on parle de soi ? 80 IV Diseurs de bons mots, mauvais caractère » je le dirais, s’il n’avait été dit. Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune des autres plutôt que de perdre un bon mot, méritent une peine infamante cela n’a pas été dit, et je l’ose dire. 8I I Il y a un certain nombre de phrases toutes faites, que l’on prend comme dans un magasin et dont l’on se sert pour se féliciter les uns les autres sur les événements. Bien qu’elles se disent souvent sans affection, et qu’elles soient reçues sans reconnaissance, il n’est pas permis avec cela de les omettre, parce que du moins elles sont l’image de ce qu’il y a au monde de meilleur, qui est l’amitié, et que les hommes, ne pouvant guère compter les uns sur les autres pour la réalité, semblent être convenus entre eux de se contenter des apparences. 82 I Avec cinq ou six termes de l’art, et rien de plus, l’on se donne pour connaisseur en musique, en tableaux, en bâtiments, et en bonne chère l’on croit avoir plus de plaisir qu’un autre à entendre, à voir et à manger ; l’on impose à ses semblables, et l’on se trompe soi-même. 83 VI La cour n’est jamais dénuée d’un certain nombre de gens en qui l’usage du monde, la politesse ou la fortune tiennent lieu d’esprit, et suppléent au mérite. Ils savent entrer et sortir ; ils se tirent de la conversation en ne s’y mêlant point ; ils plaisent à force de se taire, et se rendent importants par un silence longtemps soutenu, ou tout au plus par quelques monosyllabes ; ils payent de mines, d’une inflexion de voix, d’un geste et d’un sourire ils n’ont pas, si je l’ose dire, deux pouces de profondeur ; si vous les enfoncez, vous rencontrez le tuf. 84 VI Il y a des gens à qui la faveur arrive comme un accident ils en sont les premiers surpris et consternés. Ils se reconnaissent enfin, et se trouvent dignes de leur étoile ; et comme si la stupidité et la fortune étaient deux choses incompatibles, ou qu’il fût impossible d’être heureux et sot tout à la fois, ils se croient de l’esprit ; ils hasardent, que dis-je ? ils ont la confiance de parler en toute rencontre, et sur quelque matière qui puisse s’offrir, et sans nul discernement des personnes qui les écoutent. Ajouterai-je qu’ils épouvantent ou qu’ils donnent le dernier dégoût par leur fatuité et par leurs fadaises ? Il est vrai du moins qu’ils déshonorent sans ressources ceux qui ont quelque part au hasard de leur élévation. 85 IV Comment nommerai-je cette sorte de gens qui ne sont fins que pour les sots ? Je sais du moins que les habiles les confondent avec ceux qu’ils savent tromper. I C’est avoir fait un grand pas dans la finesse, que de faire penser de soi que l’on n’est que médiocrement fin. IV La finesse n’est ni une trop bonne ni une trop mauvaise qualité elle flotte entre le vice et la vertu. Il n’y a point de rencontre où elle ne puisse, et peut-être où elle ne doive être suppléée par la prudence. IV La finesse est l’occasion prochaine de la fourberie ; de l’un à l’autre le pas est glissant ; le mensonge seul en fait la différence si on l’ajoute à la finesse, c’est fourberie. IV Avec les gens qui par finesse écoutent tout et parlent peu, parlez encore moins ; ou si vous parlez beaucoup, dites peu de chose. 86 V Vous dépendez, dans une affaire qui est juste et importante, du consentement de deux personnes. L’un vous dit J’y donne les mains pourvu qu’un tel y condescende » ; et ce tel y condescend, et ne désire plus que d’être assuré des intentions de l’autre. Cependant rien n’avance ; les mois, les années s’écoulent inutilement Je m’y perds, dites-vous, et je n’y comprends rien ; il ne s’agit que de faire qu’ils s’abouchent, et qu’ils se parlent. » Je vous dis ; moi, que j’y vois clair, et que j’y comprends tout ils se sont parlé. 87 VII Il me semble que qui sollicite pour les autres a la confiance d’un homme qui demande justice ; et qu’en parlant ou en agissant pour soi-même, on a l’embarras et la pudeur de celui qui demande grâce. 88 I Si l’on ne se précautionne à la cour contre les pièges que l’on y tend sans cesse pour faire tomber dans le ridicule, l’on est étonné, avec tout son esprit, de se trouver la dupe de plus sots que soi. 89 I Il y a quelques rencontres dans la vie où la vérité et la simplicité sont le meilleur manège du monde. 90 VI Etes-vous en faveur, tout manège est bon, vous ne faites point de fautes, tous les chemins vous mènent au terme autrement, tout est faute, rien n’est utile, il n’y a point de sentier qui ne vous égare. 9I I Un homme qui a vécu dans l’intrigue un certain temps ne peut plus s’en passer toute autre vie pour lui est languissante. 92 I Il faut avoir de l’esprit pour être homme de cabale l’on peut cependant en avoir à un certain point, que l’on est au-dessus de l’intrigue et de la cabale, et que l’on ne saurait s’y assujettir ; l’on va alors à une grande fortune ou à une haute réputation par d’autres chemins. 93 IV Avec un esprit sublime, une doctrine universelle, une probité à toutes épreuves et un mérite très accompli, n’appréhendez pas, ô Aristide, de tomber à la cour ou de perdre la faveur des grands, pendant tout le temps qu’ils auront besoin de vous. 94 I Qu’un favori s’observe de fort près ; car s’il me fait moins attendre dans son antichambre qu’à l’ordinaire, s’il a le visage plus ouvert, s’il fronce moins le sourcil, s’il m’écoute plus volontiers, et s’il me reconduit un peu plus loin, je penserai qu’il commence à tomber, et je penserai vrai. L’homme a bien peu de ressources dans soi-même, puisqu’il lui faut une disgrâce ou une mortification pour le rendre plus humain, plus traitable, moins féroce, plus honnête homme. 95 V L’on contemple dans les cours de certaines gens, et l’on voit bien à leurs discours et à toute leur conduite qu’ils ne songent ni à leurs grands-pères ni à leurs petits-fils le présent est pour eux ; ils n’en jouissent pas, ils en abusent. 96 VI Straton est né sous deux étoiles malheureux, heureux dans le même degré. Sa vie est un roman non, il lui manque le vraisemblable. Il n’a point eu d’aventures ; il a eu de beaux songes, il en a eu de mauvais que dis-je ? on ne rêve point comme il a vécu. Personne n’a tiré d’une destinée plus qu’il a fait ; l’extrême et le médiocre lui sont connus ; il a brillé, il a souffert, il a mené une vie commune rien ne lui est échappé. Il s’est fait valoir par des vertus qu’il assurait fort sérieusement qui étaient en lui ; il a dit de soi J’ai de l’esprit, j’ai du courage ; et tous ont dit après lui Il a de l’esprit, il a du courage. Il a exercé dans l’une et l’autre fortune le génie du courtisan, qui a dit de lui plus de bien peut-être et plus de mal qu’il n’y en avait. Le joli, l’aimable, le rare, le merveilleux, l’héroïque ont été employés à son éloge ; et tout le contraire a servi depuis pour le ravaler caractère équivoque, mêlé, enveloppé ; une énigme, une question presque indécise. 97 V La faveur met l’homme au-dessus de ses égaux ; et sa chute, au-dessous. 98 I Celui qui un beau jour sait renoncer fermement ou à un grand nom, ou à une grande autorité, ou à une grande fortune, se délivre en un moment de bien des peines, de bien des veilles, et quelquefois de bien des crimes. 99 V Dans cent ans le monde subsistera encore en son entier ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs. Tout ce qui se réjouit sur une grâce reçue, ou ce qui s’attriste et se désespère sur un refus, tous auront disparu de dessus la scène. Il s’avance déjà sur le théâtre d’autres hommes qui vont jouer dans une même pièce les mêmes rôles ; ils s’évanouiront à leur tour ; et ceux qui ne sont pas encore, un jour ne seront plus de nouveaux acteurs ont pris leur place. Quel fond à faire sur un personnage de comédie ! I00 VII Qui a vu la cour a vu du monde ce qui est le plus beau, le plus spécieux et le plus orné ; qui méprise la cour, après l’avoir vue, méprise le monde. I0I VI La ville dégoûte de la province ; la cour détrompe de la ville, et guérit de la cour. I Un esprit sain puise à la cour le goût de la solitude et de la retraite. Des grands I I
. 8gvu1pm8pc.pages.dev/698gvu1pm8pc.pages.dev/958gvu1pm8pc.pages.dev/2048gvu1pm8pc.pages.dev/2648gvu1pm8pc.pages.dev/3208gvu1pm8pc.pages.dev/3598gvu1pm8pc.pages.dev/3798gvu1pm8pc.pages.dev/334
conter faire la cour Ă une femme